La chanteuse canadienne qui officie sous le nom de Feist publie 'Pleasure', un nouvel album très différent de ses opus précédents. Un disque plein d'audace et de grâce.

En 2012, Leslie Feist en concert à Manchester pour un festival
En 2012, Leslie Feist en concert à Manchester pour un festival © Getty / Gary Miller

Pour beaucoup, Leslie Feist, dite Feist, est surtout connue pour la chanson "1234" qui lui valut un succès planétaire et une tournée mondiale. Après quoi, Feist aurait pu écrire une suite à cette chanson d’amour comme une comptine… Mais non. Depuis ce tube, Feist choisit la liberté : celle de ne pas répondre aux attentes et de n’obéir qu’à ses exigences.

Son nouvel album s’intitule Pleasure, « Plaisir ». Elle chante :

C’est mon plaisir. C’est ton plaisir.

Le morceau qui donne son titre à ce disque est, de nouveau, une chanson d’amour. Mais celle-ci est dans un registre différent. En 2017, Feist vous prend par le col. Pleasure n’est pas un disque qui vous drague ou qui vous fait de l’œil. C’est à prendre ou à laisser, comme on dirait de quelqu’un qu’il est brut de décoffrage. Et c’est justement cette brusquerie-là qui séduit.

Quand Feist chante un chagrin d’amour, elle écrit simplement :

J’aurais aimé que tu ne me manques pas. D’ailleurs, j’ai la sensation certaine que tu es mort. Comment pourrais-je vivre si tu étais toujours vivant ?

11 chansons directes qui prennent le parti de la spontanéité et de l’imperfection. Il y a par exemple un souffle permanent sur ce disque. Il ne s'agit pas de la voix de Feist, mais de la façon dont les chansons ont été enregistrées. Ce souffle, on s’évertue à le supprimer la plupart du temps, pour que la prise de son soit propre. Grâce à lui, alors que le disque a évidemment été édité à des milliers d’exemplaires, que l'on peut l’écouter d’un clic sur Internet, on a à chaque fois la sensation d’assister à un moment unique.

Dans un article intitulé « Pop Star malgré elle » et paru dans Télérama, Feist a expliqué le dispositif d’enregistrement de cet album au journaliste Hugo Cassavetti. Elle a joué l’intégralité du disque dans trois endroits différents : en Californie, à Paris et dans l’état de New York, dans une ancienne église reconvertie en studio. Trois endroits pour voir à quel point un lieu peut changer les chansons. Ce sont les versions dans l’ancienne église qui ont été gardées.

Feist y a une voix cristalline. Parfois, elle la malaxe comme une pâte, la démultiplie, ajoute une chorale ou une voix d’homme. Et, avec les rythmes, les chansons deviennent processions.

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