Les hommages à la chanteuse se multiplient en cet automne 2017. Avec des livres, une exposition à la Philharmonie de Paris, une intégrale de 22 CD... Hommages ô combien légitimes !

Ces hommages sont si nombreux qu'ils la rendraient presque intimidante. Or, intimider, c’est précisément ce que Barbara ne voulait pas. Car Barbara sur scène, c’était aussi un bonheur de gamine. Les intellectuels, elle les respectait sans doute (d'autant que cela n’était pas encore un défaut dans les années 1960). Mais « intellectuelle », c’est un adjectif qui ne lui convenait pas.

Dès le début, Barbara met des chansons humoristiques dans son répertoire. Des ritournelles, écrites à la Belle Époque, comme : "Elle vendait des petits gâteaux" de Bertet et Scotto. Beaucoup s'imaginent une Barbara mystérieuse, mélancolique. Peut-être que ça tient à son élocution appuyée. Avec ses « R » roulés, et sa manière affectée de reprendre son souffle entre deux phrases. Et puis un jour, vous l’écoutez chanter "Moi, je me balance", un texte de Moustaki, où elle dit :

Mon lit est assez grand pour des milliers d’amants.

Mais chanter ça, avec de la gouaille, ç’aurait été trop facile. Elle, choisit plutôt l’élégance. L’idée qu’on peut être une croqueuse d’hommes, sans être vulgaire. Mais chic. Avec ses talents d’interprète si particuliers, Barbara, c’est une passeuse en douce. La passeuse d’un érotisme insolent.

Barbara, c’est aussi des chansons d’amour tourmenté. C’est vrai. Mais avec du panache toujours. Avant elle, les chanteuses réalistes racontaient des amours où elles en prenaient plein la poire. Quand Barbara arrive, elle invente un nouveau ton : dans ses ruptures amoureuses, elle n’est jamais victime. D’ailleurs, c’est elle, qui quitte, souvent.

Elle quitte pour éviter un amour fait de quotidien et d’habitudes. Pour éviter un avenir de bobonne aussi.

la suite à écouter...

►►► ALLER + LOIN | Barbara à l'honneur sur France Inter

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.