La première fois que l’on entend ce morceau, on se dit qu’on est en terrain connu. Car la contrebasse sonne un peu comme du Brassens. Sauf qu’après, il y a un banjo qui affole la boussole.

Renaud lors d'un concert à la Bastille en 1989 © AFP / Patrick Hertzog
Renaud lors d'un concert à la Bastille en 1989 © AFP / Patrick Hertzog © AFP / Patrick Hertzog

Renaud et ses chansons, c’est la bande son d’un beau roman qui pourrait être l’une de vos lectures d’été. Ça s’intitule Mistral Perdu où les événements. 

C’est signé Isabelle Monin et elle raconte ce que représentait l’arrivée de ces mots nouveaux dans la chanson française pour toute une génération.

Isabelle Monin écrit :  « Cette langue qui dit flipper, bande, crado, poufiasse, nibard, blondasse, colbac, cette langue qui signifie liberté et fait soupirer d’indignation notre grand-père dans son gros fauteuil de gauche. »

Isabelle Monin dit le plaisir de voir débouler Renaud à la télé, « avec ses jambes arquées comme une porte de grange. »

T’as un blouson mecton, l’est pas bidon

Au cours de l’année écoulée, le Président de la République a évoqué, je cite, « ceux qui foutent le bordel ». Le porte – parole du gouvernement a justifié cette saillie en disant : 

Il m’arrive d’utiliser ces mots au troquet parfois.

Je ne sais pas si le Président de la République fréquente beaucoup les troquets, mais, Renaud, y’ pas de doute : il y était. 

C’est ce qui fait la différence entre « le parler comme », et le « parler vrai ».

Laisse Béton, c’est la justesse d’une conversation de comptoir dans les mots, dans le rythme et dans les gestes.

Parce que quand Renaud chante « moi jui ai dit », c’est comme s’il nous posait la main sur le bras. Et son p’tit silence juste après, pour ménager l’effet de son annonce. 

Laisse béton en 77, c’était donc la France de toujours et celle de demain. Aujourd’hui, c’est plutôt celle d’hier.

(la suite à écouter)

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