À l'occasion d'une rétrospective à la Cinémathèque française, à Paris, consacrée aux films qui ont créé la polémique à Cannes, Pop & Co revient sur quelques scandales du Festival.

Pour ouvrir la première édition du Festival de Cannes en 1946, Robert Lacoste, ministre du Commerce aurait déclaré :

Je déclare ouvert le premier Festival de l’agriculture !

Autant dire que ce grand rassemblement du cinéma international était déjà placé sous le signe du malaise et de la polémique.

Dans une archive en noir et blanc, on voit Catherine Deneuve, cigarette à la main, assister aux huées d'une foule avec un sourire. Elle accompagne Marcello Mastroianni, Michel Piccoli et, surtout, le cinéaste Marco Ferreri. À Cannes, on vient de projeter La Grande Bouffe. Nous sommes le 21 mai 1973. Pendant la projection, un spectateur se lève et hurle face à l’écran :

Vous n’avez plus qu’à nous pisser dessus maintenant !

Et ça ne se passe pas mieux à la sortie. Une autre archive montre une femme du public quitter la salle, choquée que les professionnels du cinéma gagnent, avec un tel film, du « fric sur le dos du populo ». Une femme du public... qui s'exprime au nom du « pauvre populo »... en robe de soirée et entourée de messieurs en smoking. Mais le populo ira en masse voir La Grande Bouffe. Attiré par le scandale, d’abord, et par la qualité du film, ensuite.

Dans l’histoire de Cannes, La Grande Bouffe est sans doute le plus gros buzz, comme on dirait aujourd’hui : on y pète, on y rote, on y baise. Marco Ferreri raconte une société qui consomme jusqu’à l’absurde. Jusqu’à en mourir. Et il le fait avec une orgie. Une bande de kamikazes qui mange jusqu’à s’en faire péter la panse.

L’histoire des scandales à Cannes, c’est souvent celle d’une réalité que l’on ne veut pas voir. C’est aussi des empoignades pour des questions dont on débat de moins en moins. Des questions d’esthétique.En 1959, Michelangelo Antonioni et Federico Fellini inventent le cinéma moderne avec L’Avventura et La Dolce Vita. Et, toujours, cette opposition entre l'intello, soupçonné de snobisme, et le populo, soupçonné de simplisme. L’Avventura et La Dolce Vita, deux films qui seraient « chiants et incompréhensibles » pour les uns, et des chefs-d’œuvre pour les autres. Il en reste des scènes mythiques. Notamment celle d’une femme en robe bustier qui se baigne dans la fontaine deTrevi, à Rome, et qui appelle Mastroianni.

la suite à écouter...

La rétrospective Festival de Cannes : Scandales et controverses se tient à la Cinémathèque Française, à Paris, du 26 avril au 28 mai 2017.

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