L'Anglaise Nilüfer Yanya, du haut de ses 23 ans, vient de publier son premier album qu'elle a sobrement intitulé "Miss Universe". Elle y écrit et chante ses fantasmes, ses échecs, sa paranoïa, pour en faire des chansons de triomphe. "Miss Universe" est à l'affiche de Pop & Co ce jeudi matin.

"Miss Universe", premier album de Nilüfer Yanya, a paru le 22 mars 2019 sur le label ATO Records / PIAS
"Miss Universe", premier album de Nilüfer Yanya, a paru le 22 mars 2019 sur le label ATO Records / PIAS © Molly Daniel

Pour certains auditeurs et certaines auditrices, certaines chansons sont intouchables. C'est-à-dire que la simple idée que quelqu’un en fasse une reprise leur fait lever les yeux au ciel. Et puis, une femme arrive et vous fait redécouvrir cette chanson à laquelle vous tenez tant : en 2016, Nilüfer Yanya, reprenait "Hey", morceau du groupe américain Pixies.

Trois ans plus tard, Nilüfer Yanya publie son premier album. 17 morceaux, tous inédits, qu’elle a rassemblés sous le titre Miss Universe. Ce titre fait sans doute référence à son histoire : Nilüfer Yanya réunit des origines turques, irlandaises et barbadiennes qu’elle résume ainsi : 

Je suis londonienne.

Le disque de Nilüfer Yanya est ponctué de petits interludes de voix off. Une façon de pointer toutes les voix mécaniques de notre quotidien : celle du GPS, celle qui nous dit « laisser un message après le bip ». Pour Nilüfer Yanya, Miss Universe, c’est toutes ces voix : Madame Tout-le-monde et Madame Personne. Dans son disque, Miss Universe nous promet le bonheur. 

Au bout du compte, si vous n’êtes pas heureux, au bout du compte, eh bien, vous n’aurez qu’à culpabiliser.

En réponse à ces injonctions au bien-être, Nilüfer Yanya écrit ses fantasmes, ses échecs, sa paranoïa et elle en fait des chansons de triomphe. Nilüfer Yanya a 23 ans et une assurance d’un autre âge. Quand beaucoup de disques étouffent sous un flux de paroles à haut débit, elle assume les silences, joue avec, comme avec nos nerfs au beau milieu d’un morceau. Il n’y a que sa guitare saturée pour déborder et hacher son débit.

Nilüfer Yanya publie seulement son premier album. Elle donne la sensation qu’elle n’a rien à prouver et, surtout, qu’elle n’a rien à perdre. Compositrice et autrice elle est et restera.

Altière, caressante, la maîtrise vocale de cette fille lui autorise contorsions et loopings. Pour les genres musicaux qu’elle arpente c’est idem : tout est permis, des expérimentations sonores à la façon de Laurie Anderson jusqu'à la pop entêtante des années 1980. Elle dit : 

J’assume que cet album puisse s’éparpiller. J’aime cette idée. Ça apporte une sensation de liberté musicale.

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