Pour conclure une semaine ouverte sous le soleil des tropiques, Rebecca Manzoni propose de se pencher sur "Sunny", un morceau lumineux dont on doit la première version à Bobby Hebb, mais aussi, dans une certaine mesure, à James Bond... Ce titre, sans refrain, est de plus un peu plus nuageux qu'on ne le croit.

Bobby Hebb, quelque part entre les années 1960 et le début des années 1970
Bobby Hebb, quelque part entre les années 1960 et le début des années 1970 © Getty / Michael Ochs Archives

En 1966, Bobby Hebb, l’auteur et compositeur du morceau "Sunny", a 28 ans. C’est un Noir américain, né à Nashville, Tennessee. Il sera l’homme de ce seul et unique tube, une chanson sans refrain. Ainsi, "Sunny" n’est que montée en puissance et progression. Le temps de deux minutes et quarante-quatre secondes, Bobby Hebb se sert de ces deux syllabes, "Sun-ny", comme d’un déclic pour faire avancer le morceau. À chaque fois, qu’il dit « Sunny » arrivent de nouvelles orchestrations.

Bobby Hebb commence avec guitare et basse seules. Puis, au « Sunny » suivant, il amène des cuivres, puis des chœurs. Ensuite, tout ce beau monde chante de plus en plus haut. Pour conclure cette ritournelle, il dit « I love you ».

"Sunny" fait en effet partie des nombreuses chansons d’amour qui filent la métaphore météorologique. Sunny, en anglais, est un adjectif qui veut dire « ensoleillé », mais c’est également un prénom d’homme. Bobby Hebb chante : 

Sunny, hier, ma vie était remplie de pluie. Sunny, tu m’as souri et tu as apaisé ma peine.

La chanson est en fait dédiée à Harold Hebb, frère aîné et mentor de Bobby Hebb. Le 23 août 1963, Harold meurt poignardé à la sortie d’une boîte de nuit. Après avoir sombré, Bobby écrit ce morceau comme on donne un coup de talon au fond du puits. Avec "Sunny", il chante la promesse de jours meilleurs.

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