À la veille de la parution de son deuxième album “Jeannine”, Lomepal offre à France Inter une exclusivité sur quelques extraits du disque, dont est déjà sorti le premier single “1000 °C”, en duo avec Roméo Elvis.

"Jeannine", le nouvel et deuxième album de Lomepal, paraît ce vendredi 7 décembre 2018.
"Jeannine", le nouvel et deuxième album de Lomepal, paraît ce vendredi 7 décembre 2018. © DR

Voici donc Jeannine. Cela pourrait être le titre d’un album de rock alternatif des années 1980. C’est celui d’un chanteur/rappeur qui agrandit le territoire, déjà vaste, du hip-hop français. Jeannine, c’était le prénom de sa grand-mère. L’album transmet donc une mémoire, pour mieux vivre le présent, parce que l’avenir ne s’annonce pas terrible. Comme l'atteste ce vers de l’un des morceaux, qui dit :

Ferme les stores, on va retarder demain.

Dans un article du Monde Diplomatique paru le mois dernier, le journaliste Julien Baldassarra se désole que les rappeurs ne dénoncent plus rien et qu’ils fassent les louanges du capitalisme. C’est d’abord nier la diversité du rap français. C’est supposer ensuite que le « bon » rap serait le porte-parole d’une rage sociale, qui penche à gauche, si possible. Autant le dire toute de suite : Lomepal n’est le porte-parole de rien, si ce n’est de son histoire et des sensations qui vont avec. Et l'on peut se reconnaître dans son fantasme d’avoir une doublure pour s’éviter des moments pénibles. Dans l’un de ses textes, un type qui se prend pour un super-héros c’est quoi ? Un gars qui se casse le poing en traversant le mur.

Il s’est choisi Lomepal pour pseudonyme et il dit que ça l’encombre aujourd’hui. Il voudrait sans doute avancer à découvert autant qu’il le fait sur ce disque. À la ville, Lomepal s'appelle Antoine Valentinelli. Il dit avoir eu la volonté, à ses débuts, « d’exprimer une culture rap pour les rappeurs. Un truc assez fermé ». Alors il avance désormais en équipe et pousse les murs du hip-hop : avec Pierrick Devin, dont on trouve le nom sur des disques pop, ou avec Superpoze, qui vient de la musique électronique.

Quant à sa voix, Antoine Valentinelli a cessé de choisir entre le chant, un débit qui coupe, en accéléré, ou un phrasé ralenti par la mélancolie.

la suite à écouter...

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