Cela fait près de 30 ans que le Nord-Irlandais Neil Hannon avance sous le nom de The Divine Comedy et propose des albums pop, conçus comme de petites symphonies de poche, aux accents délicieusement anachroniques. Ainsi est le dernier né de cette discographie : 'Office Politics' paraît ce 7 juin 2019.

Dans 'Office Politics', nouvel album de The Divine Comedy, Neil Hannon rend hommage à tou·te·s les inadapté·e·s de la modernité et de la technologie
Dans 'Office Politics', nouvel album de The Divine Comedy, Neil Hannon rend hommage à tou·te·s les inadapté·e·s de la modernité et de la technologie © Ben Meadows

En 30 ans, Neil Hannon a écrit des chansons qui peuvent vous suivre « pour toute la vie ». L’expression « pour toute la vie » évoque sans doute un peu une naïveté enfantine qui, pour dire vrai, cadre peu avec un artiste qui tient la ferveur en respect dans ses chansons, comme en coulisses. Qu'à cela ne tienne ! Employer cette expression donne au moins la mesure d’une œuvre qui ne s’est jamais autorisée l’anodin. Neil Hannon sertit des bijoux pop depuis 30 ans et, ce qui est bon, c’est qu’il y a toujours une suite. 

Le morceau "Norman And Norma" résume 30 ans de vie de couple, en moins de 4 minutes. Il y a les bonheurs modestes et les renoncements sans tragédie. La vie de monsieur et madame Tout-le-monde. Mais Neil Hannon la chante en accordant de la valeur à chaque détail : le souvenir d’un baiser de voyage de noces, avec des verres de piña colada dans le nez.

Neil Hannon aura 49 ans cette année et toujours l’allure d’un oiseau tombé du nid. Office Politics, qui paraît ce vendredi 7 juin 2019, est son douzième album. Au magazine Plugged, il déclare revendiquer enfin son héritage des années 1980. Pour lui c’est une première fois et il explique :

Selon moi, le pic de la pop a été atteint entre 1978 et 1983, après c’est de la merde kitsch. C’est pour cette raison que j’ai tout fait pour me démarquer, avec beaucoup d’arrangements symphoniques.

Sur son nouvel album, Neil Hannon assume donc les sons synthétiques des années 1980, avec les arrangements raffinés qui font toujours sa signature. 

Ce nouveau disque de The Divine Comedy pointe beaucoup l’absurdité de la vie de bureau et, surtout, nos excès technologiques. À l’heure où l'on écoute les chansons à l’unité, Neil Hannon compose un double-album comme dans les années 1970. Plusieurs chansons évoquent cette sensation d’être bon·ne pour la casse, parce qu’inadapté·e à l’époque. Quand, face à Facebook ou aux dédales du net, on se sent à la fois consterné et comme une poule qui a trouvé un couteau.

Les 16 morceaux qui composent ce disque déploient un éclectisme et une ouverture d’esprit qui contredisent totalement la logique des algorithmes. Des synthétiseurs au cha-cha-cha, on passe à une sérénade de cabaret, la chanson "I'm a Stranger Here", où l'on entend ces mots : 

Je suis un survivant des jours anciens. Et je vous jouerai une chanson qui vient de là. Si vous êtes d’accord.

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