Alors que cinq des disques de J.J. Cale sont, pour la première fois, réédités au format vinyle, Pop & Co se consacre ce mardi à son ultime album : 'Stay Around' a paru en avril 2019, six ans après la mort du rockeur américain. Il rassemble quinze morceaux inédits, compilés par sa veuve Christine Lakeland.

La chanson "Cocaine" ne fait pas partie des 15 morceaux inédits qui figurent sur Stay Around, l'album posthume de J.J. Cale, mais c’est un tube qui permet de situer ce dernier. Eric Clapton, qui a très bien connu ce dossier, a popularisé la chanson dans le monde entier. L’auteur-compositeur original, c’était donc lui : J.J. Cale, en 1976.

Eric Clapton, Mark Knopfler ( du groupe Dire Straits), Neil Young, Beck... La liste est longue de ceux qui l’adulent ou le reprennent. J.J. Cale a grandi avec le rock’n’roll des années 1950, sans adopter l’attitude qui va avec. C’est la vie et l’œuvre d’un homme qui a refusé de s’épuiser à séduire. À la question « le son J.J. Cale, c’est quoi ? », il répondait à Libération en 2004 :

C’est fait maison. Je suis machino. L’essentiel de mon œuvre se réduit à moi, branchant et débranchant.

Lui, débranchant le frigo de la cuisine et branchant deux micros sur la table. Il enregistre sa guitare, sa voix, autant que les craquements de sa chaise. Il chante sans apprêts, comme si c'était un geste essentiel au quotidien.

J.J. Cale est associé à la ville de Tulsa, dans l’Oklahoma. C’est là qu’il a commencé sa vie de musicien. Un creuset où se rencontrent rock, musique country, blues, swing, jazz... Il en a conçu un mélange inédit et imposé le style « laid back ». « Laid back », littéralement, ça veut dire « calé contre le dossier ». C’est l’image idoine pour décrire un tempo impossible à choper, mêlé à son phrasé, à la fois traînant et chaloupé.

Les chansons de J.J. Cale, c’est couleuvres et pétales. La rudesse de la vie autant que des mots d’amour d’une simplicité frontale.

Reste dans le coin, je n’ai besoin que de toi, faisons l’amour encore une fois.

La chanson "Tell Daddy" associe la poésie directe d’une berceuse jazz avec l'histoire d'un père qui dit à son gamin « pose ta tristesse là, je vais m’en occuper ».

J.J. Cale est mort en 2013 et il a fallu plusieurs années à sa compagne Christine Lakeland pour faire le tri dans toute la musique qu’il a laissée. Pour construire Stay Around, elle a choisi 15 morceaux inédits qui vont du dénuement, guitare voix, à des constructions complexes, avec enluminures et volutes de guitares.

J.J. Cale était l’incarnation même de ce mot d’Aznavour : « Il ne faut pas être la vedette de son travail, mais en être l’artisan ».

  • Légende du visuel principal: "Stay Around", l'album posthume de J.J. Cale, a paru sur le label Because © Stéphane Sednaoui
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