Charb
Charb © Corbis / Eric Fougere

Un Pop And Co spécial ce matin. Oui à travers la figure de Charb, un hommage à Charlie Hebdo dont il fut le directeur de publication. Et un hommage à un métier, celui de dessinateur de presse. Il y a quelques années vous receviez Charb dans EclectiK Rebecca. Charb, l'homme. Charlie Hebdo, son journal. Et le métier de dessinateur, c'est Pop And Co.Il était ponctuel, non fumeur et auditeur d'une musique qui fait beaucoup de bruit. Ni bête de scène, ni bête de médias. Charb était dans la presse essentiellement par son dessin pour Télérama, pour L'humanité, pour Mon Quotidien - un journal destiné aux enfants - et pour Charlie Hebdo, depuis 23 ans...

« Il faut toujours se méfier de ceux qui dessinent des couchers de soleil et des petits chats ». C'est Roland Topor qui disait ça.C'est vrai qu'il y en a peu dans Charlie des petits chats. Mais il y en a un. Celui que Charb a inventé. Un chat méchant et pervers toujours fourgué avec un chien, pas le genre à figurer sur un calendrier des PTT. Ce qu'on a tenté de tuer hier, ça n'est pas simplement la liberté, ce sont des images, des dessins qu'on a tous en tête et qui font notre mémoire collective. Il y a deux types de dessinateurs à Charlie. Ceux qui ont fait des études pour. Et ceux qui s'y sont mis sur le tas. Charb faisait partie de la deuxième catégorie. Les uns comme les autres avaient ce pouvoir de faire passer une idée sans un mot mais grâce à la puissance de quelques traits. Un dessin, ça se saisit en quelques secondes et dans toutes les langues. Charlie Hebdo est le seul journal à diffusion nationale dont les dessinateurs sont la colonne vertébrale. Il n'est sans doute pas anodin qu'on ait tenté d'éliminer ça. Stéphane Charbonnier dit Charb était dessinateur. Et amoureux de Balzac.Cabu et les dessinateurs assassinés hier, à la hauteur de classiques de la littérature française.Patrick : À la fin de cet entretien d'EclectiK, vous aviez laissé Charb en studio pour une minute de solitude. Le principe était le suivant : un moment d'improvisation totale. Charb avait commencé en disant, « Je ne vais pas faire de silence, sinon les auditeurs vont se barrer et ça va faire baisser le prix de la pub sur France Inter ». Alors ?

Le chant du muezzin, l'appel à la prière pour sonnerie de portable. Il l'avait fait résonner à la radio avec humour et respect.C'était Charb. C'était Cabu. C'était Wolinski. C'était Honoré. C'était Tignous. C'était Bernard Marris. C'est et ce sera toujours Charlie.À demain.

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