"Oxnard", nouvel album d'Anderson .Paak révèle une fois encore la plasticité du rappeur et producteur américain, sa capacité à faire fusionner l’histoire de la musique noire américaine dans un même morceau : jazz, funk, disco, hip-hop et soul. "Oxnard" est à l'affiche de "Pop & Co" ce mardi matin.

Anderson .Paak se produisait dans l'émission américaine "Saturday Night Live" le 1er décembre 2018.
Anderson .Paak se produisait dans l'émission américaine "Saturday Night Live" le 1er décembre 2018. © Getty / Will Heath/NBC/NBCU Photobank

Le morceau qui ouvre l'album Oxnard s'intitule "The Chase" et il commence comme une scène de film : il s’installe au volant. Il y a la mer derrière la vitre. Il tourne la clef et cherche la bonne station de radio. Là, il tombe sur une voix de sirène. C'est celle de Kadhja Bonet. C’est l’une des invité·e·s de ce disque, qui en compte une bonne dizaine. Aujourd’hui, les albums de hip-hop sont collaboratifs. Kadhja Bonet, encore peu connue, est présente sur près de la moitié des morceaux d'Oxnard.

Le disque évoque d'une certaine façon un road-movie sur les routes de Californie. Oxnard est la ville natale d’Anderson .Paak, rappeur de 32 ans, dont le premier geste a été de ressusciter la bande-son des films de la blaxploitation des années 1970. Après des albums intitulés Venice(2014) et Malibu(2016), Oxnard clôt une trilogie balnéaire, dédiée aux villes de la côte Ouest américaine, des villes qui balisent le parcours d’un homme qui fut SDF, ouvrier agricole dans une plantation de marijuana, jusqu’à devenir l’une de figures les plus importantes du hip-hop américain.

On a pu entendre Anderson .Paak dans la bande-originale du film Black Panther. Il est l’un des protégés du rappeur Dr. Dre. Il a commencé sa carrière de musicien comme batteur à l’église. Cette formation de batteur joue le premier rôle dans sa façon de poser sa voix. Anderson .Paak passe, à l’aise, du chant d’un crooner au débit en spirale d’un rappeur. Et inversement.

Les morceaux brassent des thèmes très divers : des rêves de gloire devant un miroir, à une scène de sexe vécue sur l’autoroute en passant par les violences policières et la critique de Donald Trump, devenue quasiment un passage obligé.

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