Le jeune Américain Nick Waterhouse a sorti récemment son quatrième album qu'il a choisi d'intituler... "Nick Waterhouse". En plus d'être éponyme, ce disque est, une fois encore, anachronique, puisque le chanteur y rend hommage au son d'une Amérique disparue. Quoi qu'il en soit, cette belle réussite est dans Pop & Co.

Je ne me sens pas concerné par le monde moderne. J’aime le confort de velours des clubs de jazz et les vieux diners.

Paroles de Nick Waterhouse, Californien de 33 ans. En 2019, sa musique est hantée par des fantômes qui ne font pas peur : rythm’n’blues et soul du début des années 1960. Nick Waterhouse leur redonne chair et os.

Au magazine en ligne The Book Of Man, Nick Waterhouse expose sa mission

En tant qu’homme de scène et musicien, mon boulot est de lutter contre l’aliénation.

Il y évoque l’aliénation aux nouvelles technologies, à la modernité portée aux nues. Concrètement, Waterhouse cultive une obsession magnifique pour le son analogique d’avant et pour le panache de conditions d’enregistrement proches du concert. Pourtant, son album n’a rien d’une reconstitution vaine qui se contenterait de célébrer le confort douillet du passé. La bande-son qui nourrit Waterhouse est celle d’une innocence et d’une Amérique disparues, mais le mot qui revient dans son disque, c’est la peur. Il parle de doutes, d’indécisions et de cette logique infernale, qu’il crie dans le refrain du morceau "Black Glass" : « Tu t’adaptes ou tu crèves ! » ("Adapt or die!"). Bande-son des années 1960 et angoisses du nouveau millénaire.

C’est l’histoire d’un homme pour qui : 

Le rythm’n’blues, la musique afro-cubaine et la soul du Sud ont autant de valeur que les arts de la Renaissance.

Et Nick Waterhouse sait les pratiquer sans complexes, ni condescendance. Avec l’humilité de ce qui pourrait passer pour un excellent rock’n’roll de baloche, Waterhouse se moque de lui-même : dans le clip du morceau "Wreck The Rod", il joue la figure du crooner sur le retour, chemise à jabots, front luisant et doigts qui claquent malgré tout, parce que lui, au rock’n’roll, il y croit toujours et encore.

Le disque éponyme Nick Waterhouse compte des ballades magnifiques, ou des slows, comme on disait avant. Des chansons d’amour pleines de désillusions où le mot « peut-être », n’est pas la promesse d’un toujours, mais plutôt la certitude d’un jamais. Jusqu’ici, Waterhouse était convaincu de ne pas être un grand chanteur. Entre énergie sèche et suavité, son nouvel album le dément.

  • Légende du visuel principal: Le nouvel album de Nick Waterhouse a paru le 8 mars 2019 sur le label Innovative Leisure © Aucun(e)
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