La Souterraine, qui se présente comme un "laboratoire d’observation consacré à ce qui se fait de plus curieux et excitant dans l'underground qui chante en français" vient de publier une anthologie de ses deux dernières années de compilation. Résultat de ce travail : 'Ouf - l'anthologie souterraine 2015-2017'.

Ouf est ainsi une compilation et qui dit compilation dit souvent coup d’œil sur le passé. Or Ouf - l'anthologie souterraine 2015-2017 réunit 22 artistes, comme autant de promesses pour le futur de la chanson. Quasiment tous les titres réunis ici sont gravés sur disque pour la première fois. Jusque-là, il était possible de les écouter en ligne, gratuitement, sur le site de La Souterraine. Si, aujourd’hui, on trouve de très nombreuses chansons d’anonymes sur Internet, La Souterraine est le meilleur des tamis.

Depuis cinq ans maintenant, Benjamin Caschera et Laurent Bajon sélectionnent des titres passés sous les radars de l’industrie du disque. Des artistes à la marge, mais, comme disait Jean-Luc Godard : 

La marge, c’est ce qui tient les pages ensemble.

Parmi les 22 morceaux sélectionnés sur cette anthologie, on trouve Groupe Mostla avec "L’Amour c’est mieux".

Ouf est le fruit d’une collecte menée par La Souterraine entre 2015 et 2017. Le critère principal de la sélection c’est l’écriture en français. D’ailleurs, le magazine musical Magic publiait cet hiver un dossier intitulé « Français, langue pop vivante » dans lequel Benjamin Caschera, co-fondateur de La Souterraine déclarait : 

L’air du temps est à la réappropriation du français dans la jeune génération.

Pour chacun des titres, le livret de cet album met en exergue une phrase comme : 

« Jamais, plus jamais, je ne me lèverai de mon lit. Allez-vous faire embaucher pour moi. », dans le morceau "Le lit, l'ordinateur" du groupe Mille Colombes. Il y a aussi, signé Guillaume Stankiewicz : 

C’est sans cesse et sans bruit qu’à nos jambes s’enroule la vie.

Les artistes présent·e·s sur l’anthologie Ouf viennent de Lyon, de Toulouse, de Bruxelles, de Saint-Martin d’Oney, ou encore de Montréal... La preuve, s'il en fallait, qu'il n’y pas que Paris dans la vie. La plupart ont une vie professionnelle parallèle à la chanson, ou alors, s’ils étaient déjà dans le métier, ils prennent ici une autre direction. 

C’est le cas d’un garçon qui a l’humour de se faire appeler Chaton. Il a travaillé pour Yannick Noah ou Jenifer. Or Chaton chante qu’il ne se sent pas très bien depuis le début des années 1980.

Tous les genres sont possibles chez La Souterraine : reggae, folk, électro, pop... Une jeune femme qui s’appelle Sarah Maison mêle le souffle épique d’Ennio Morricone, des sonorités orientales et des rythmes de morceaux soul des années 1960. Le morceau s’intitule "Western arabisant".

la suite à écouter...

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