"Rolling Thunder Revue", la tournée mythique de Bob Dylan en 1975 et 1976, fait l'objet d'un documentaire de Martin Scorsese disponible sur Netflix le 12 juin prochain et d'une édition intégrale dans un coffret de 14 CD.

A l'image, on peut voir des passants agiter des drapeaux dans les rues. En 1976, les Etats-Unis fêtent le bicentenaire de leur indépendance. En ouvrant son film avec ces images, Martin Scorsese situe cette tournée de Bob Dylan dans la grande Histoire de l’Amérique.

Le dramaturge et comédien Sam Shepard témoigne :

La situation économique était catastrophique. Dylan était un médicament.

"Mr. Tambourine Man" est la première chanson du film. Cet homme au tambourin, qu’on est prêt·e à suivre, "pour oublier aujourd’hui, jusqu’à demain", ce serait Dylan lui-même, dans le rôle du joueur de flûte de Hamelin.

A l’automne 1975, Dylan se lance dans la Rolling Thunder Revue pour se libérer du monstre de célébrité qu’il est devenu. Il choisit de jouer dans des petites salles municipales. Il arrive ainsi que l’on se retrouve en présence de mamies à cheveux bleus qui tapent un tarot. Elles soulèvent à peine un sourcil quand Bob Dylan fait son entrée. La scène est seulement délimitée par un tapis. Toutefois, parfois, le public demande une chanson.

Ce n’est pas une tournée, c’est un cirque en balade. L’idéal d’une vie construite sur la route, comme l’ont définie les écrivains de la Beat Generation. Une vie ouverte au hasard des rencontres. 

A un moment, Sharon Stone arrive dans le film. Parce qu’elle assiste à l'un des concerts. Dylan lui propose de rejoindre la tournée. Sharon a 19 ans, elle rêve d'Hollywood et croit dur comme fer que la chanson "Just Like A Woman" a été écrite pour elle. Lorsqu'elle apprend que la chanson a 10 ans, face caméra, la nouvelle lui donne les larmes aux yeux.

Bob Dylan s’entoure de celles et ceux qui comptent pour lui : Joni Mitchell, Roger McGuinn ou Joan Baez, qui rejoignent la tournée au fil des dates. Joan Baez et lui se sont aimé·e·s une dizaine d’années plus tôt. Elle s’amuse à imiter ses gestes et son allure: chapeau à larges bords, visage maquillé de blanc, comme des Pierrot lunaires.

La chanson-phare de la Rolling Thunder Revue c’est "Hurricane". Dans ce morceau fleuve de 8 minutes et 11 couplets, Dylan donne tous les détails du destin de Rubin Carter, surnommé « Hurricane ». Un boxeur accusé d’un triple meurtre qu’il n’a pas commis, parce qu’il est afro-américain. Dylan renoue là avec les chansons protestataires, où il se dit « honteux de vivre dans un pays où la justice est un jeu ».

Dans cette série de concerts, on entend le violon tzigane de Scarlet Rivera, signature sonore de l’album Desire, qui paraîtra en janvier 1976.

  • Légende du visuel principal: Le film de Martin Scorsese, 'Rolling Thunder Revue: A Bob Dylan Story', est disponible sur Netflix le mercredi 12 juin 2019 © Netflix
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