Jusqu'au 5 novembre 2018, la Maison de la Radio, à Paris, accueille l'exposition 'Le Visage du rap' de David Delaplace. Une centaine de portraits des artistes qui composent la scène rap francophone depuis plus de 30 ans. L'occasion pour 'Pop & Co' de rappeler que ce courant musical a gagné ses lettres de noblesse.

Le Visage du rap est une exposition proposée par Mouv’, Radio France et David Delaplace. Au début de celle-ci, comme au début du livre de photos qui porte le même nom et qui rassemble près de 500 clichés, on trouve le portrait d’un DJ aux cheveux gris. Le visage du rap en France, c’est d’abord des hommes qui ont la cinquantaine bien tassée et qui se sont laisser pousser le ventre, comme tout le monde. Celui-ci s’appelle Daniel Bigeault, plus connu sous le nom de Dee Nasty. Il a 58 ans. Il ne fixe pas l’objectif. Sur la photo, il a le regard baissé sur une platine.

Dee Nasty a fait entrer le rap en France par le biais des radios libres, entre autres. On l’a entendu sur Radio Nova. En 1987, Nova édite "DeeNastyle", titre emblématique de l’émission de Dee Nasty.

Le Visage du rap, l’exposition comme le livre, sont signés d’un garçon qui n’était pas né quand ce morceau est sorti. Il s’appelle David Delaplace. Il a 28 ans. Il est amateur de rap. Il raconte tout un pan de la culture française, considérée par certains comme une mode passagère alors que le rap hexagonal a une longue histoire. Il évolue et se métamorphose depuis plus de 30 ans.

David Delaplace documente un mouvement qui a peu d’images à ses débuts, à une exception près : en 1984, Patrick Duteil, dit Sidney, anime la première émission de télévision au monde consacrée au rap. C’est en France que ça se passe. Sidney est aussi le premier présentateur noir de la télé française. L’émission s’intitulait H.I.P. H.O.P., comme les six lettres épelées du mot "hip-hop". H.I.P. H.O.P. commençait toujours par une leçon de danse. Aujourd’hui, Sidney a 63 ans. Face à l’objectif de David Delaplace, il pose, mains appuyées sur un cube et jambes en l’air.

Le titre de l’exposition est au singulier : Le Visage du rap. Pourtant, on peut en voir 100, dans la nef de la Maison de la Radio et près de 500 dans le livre de David Delaplace. Mais ces derniers jours, l’actualité ne retient que deux visages. Ceux de Booba et de Kaaris en procès. Suite à la bagarre qui les opposa le 1er août avec gros dégâts et retards d’avions à Orly. 500 visages saisis par David Delaplace, réduits à deux, en raison d’un fait divers et des commentaires dépréciatifs qui s’ensuivent. Dans sa chronique sur BFM TV le 2 août dernier, Christophe Barbier définissait le rap comme une contre-culture, voire une para-culture. Il convient ici de rappeler qu'en 2018, le rap est le premier marché musical en France.

Les centaines de visages saisis par David Delaplace racontent la vitalité et la diversité du rap : le rap francophone est à la fois vindicatif, misogyne, féministe, festif, ironique, républicain ou anti-flics, comme le fut Brassens, au passage.

Le visage du rap - Exposition à la Maison de la Radio
Le visage du rap - Exposition à la Maison de la Radio

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Parcourons l'exposition "Le visage du rap" © Radio France
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