À l'occasion du soixantième anniversaire du film 'Ascenseur pour l'échafaud' de Louis Malle, avec Jeanne Moreau et Maurice Ronet, sa bande-originale, signée Miles Davis, vient d'être rééditée en vinyle et en CD. 'Pop & Co' raconte ce lundi l'histoire de cette bande-son de légende et sa fabrication.

Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle sort sur grand écran en 1958. Le film s'ouvre par une scène dans laquelle, au téléphone, une femme écoute des mots d’amour que l’on ne dirait plus aujourd’hui. Elle met fin à l'échange en lui disant : « Tais-toi ! ». Oui, tais-toi... car voici Miles Davis. Sur un air de trompette effectuée par le jazzman, le générique défile : Jeanne Moreau, Maurice Ronet. Elle est mariée. Ils sont amants. Ils programment le meurtre du mari. Une fois la chose faite, l’amant ne peut pas s’enfuir parce qu’il reste bloqué dans l’ascenseur. Ensuite, une série de malchances survient.

L’histoire de l’enregistrement de la musique du film est tout aussi romanesque. Le 4 décembre 1957, de 22 heures à l’aube, Louis Malle projette des scènes d’Ascenseur pour l’échafaud à Miles Davis et ses musiciens. Face aux images, ils improvisent. Cette démarche est totalement raccord avec une nouvelle façon de tourner des films, en posant les caméras dans la rue, pour accueillir les accidents et l’imprévu. On a appelé cela la Nouvelle Vague. La bande-originale de Miles Davis accompagne donc les débuts du cinéma moderne.  Pourtant Miles procède comme au temps du cinéma muet : ses musiciens et lui inventent une musique sur des images dont on a coupé le son. 

C’est grâce à sa musique qu’Ascenseur pour l’échafaud est entré dans l’histoire. Elle dure pourtant moins de vingt minutes. Mais ces vingt minutes suffisent à faire d'elle le révélateur du film. C’est la musique qui rend ces images de cinéma plus nettes. C’est elle qui les fixe dans notre mémoire de spectateur.

Pour tou·te·s et pour toujours, Ascenseur Pour l’échafaud sera un orage sur les Champs-Élysées avec Jeanne Moreau qui erre dans la nuit à la recherche de son bonhomme... et la trompette de Miles Davis qui se glisse dans les bruits de la ville. Il y a Barney Wilen au saxophone ténor, René Urtreger au piano, Pierre Michelot à la contrebasse et Kenny Clarke à la batterie. Ces noms racontent qu’en cette fin des années 1950, Paris est la capitale européenne du jazz.

C’est donc à Paris, avec la bande-originale d’Ascenseur pour l’échafaud, que Miles Davis pose les bases d’un album culte à venir qui s’intitule Kind of Blue. Avec Ascenseur pour l’échafaud, Miles Davis compose une bande-son à la croisée du be-bop et du jazz modal.

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Un orage sur Paris, Jeanne Moreau qui erre dans la nuit à la recherche de son homme... et la trompette de Miles Davis qui se glisse dans les bruits de la ville. Ascenseur pour l'Échafaud.
Un orage sur Paris, Jeanne Moreau qui erre dans la nuit à la recherche de son homme... et la trompette de Miles Davis qui se glisse dans les bruits de la ville. Ascenseur pour l'Échafaud. © Getty / Sunset Boulevard
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