"You can put Marie". C'est en répondant à l'organisateur de leur premier concert qui leur demandait comment annoncer leur groupe sur le programme que les cinq garçons qui n'avaient pas encore de nom à l'époque ont trouvé celui de Puts Marie. Près de 20 ans plus tard, leur cinquième album est dans Pop & Co.

Il y a une vingtaine d’années, pour leur tout premier concert, l’organisateur leur a demandé comment les annoncer. À l’époque, ils n'avaient pas encore décidé quel serait le nom du groupe. Ils sont cinq garçons et ils voulaient qu’on les nomme avec un prénom de fille. Ils ont donc répondu :

Sur le programme, tu peux mettre "Marie". You can put "Marie".

C’était trouvé, ils s’appelleraient Puts Marie. L’auteur et la voix du groupe s'appelle Max Usata. On ne sait pas vraiment s’il chante et l'on n'est pas sûr qu’il rappe. En tout cas, il se moque d’avoir une diction nette. La priorité est de jouer avec le son que ça fait. Les mots sortent de sa bouche comme du pop-corn.

Le morceau "Catalan Heat", « chaleur catalane » en français, est une chanson panoramique qui a pour décor les hauteurs de Barcelone. Le soleil blanc écrase tout. Il y a une piscine olympique. On balade son regard avant de s’arrêter sur un détail précis. 

Les chansons de Puts Marie proposent ainsi des allers-retours entre dépouillement et envolées lyriques. Cela se passe sans transition. 

Ce nouvel album s'intitule Catching Bad Temper, que l'on pourrait traduire par « On a eu un coup de sang ». C'est le cinquième album de Puts Marie en 20 ans. Chaque membre du groupe prend le parti de vivre d’autres aventures et ils se retrouvent quand la nécessité s’en fait sentir. Cette situation les maintient dans un statut d’_outsiders_, mais offre a la garantie qu’un nouvel album n’est pas un produit de plus. On a l’impression qu’ils se sont quittés la veille et que leurs chansons se plient à leur instinct du moment.

Dans le morceau qui s'intitule "Indian Girl", Max Usata hurle sous la Lune. C'est l’histoire d’un coup de foudre entre un homme et une femme qui font l’amour toute une nuit. Inutile d’en dire plus : l’improvisation des musiciens continue le film.

Puts Marie réussit le mélange entre la maîtrise, une érudition musicale encyclopédique et une paresse simulée. Un peu comme celles et ceux qui arrivent en cours en disant « J’ai rien révisé ! », mais qui décrochent 20/20. On appelle ça, la classe.

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Catching Bad Temper est le cinquième de Puts Marie en 20 ans © DR
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