Le nouvel album de l'Américaine Sharon Van Etten s'intitule "Remind Me Tomorrow", que l'on pourrait traduire en français par l'expression "Me le rappeler demain". Pourtant, il faut écouter ce disque sans plus tarder. C'est en tout cas le conseil de Rebecca Manzoni pour le Pop & Co de ce mardi matin.

Écouter "I Told You Everything", la première chanson de Remind Me Tomorrow, beau et nouveau disque de Sharon Van Etten, c’est avoir l’impression de pousser la porte d’un bar de coin de rue, éclairé au néon. Comme dans une toile d’Edward Hopper.  Sharon Van Etten serait là, courbée sur le comptoir, et elle raconterait les gouffres dans lesquels elle a glissé. Le disque s’ouvre en effet sur ce dialogue : 

Je t’ai tout raconté et tu m’as répondu : « Putain de merde, mais tu es presque morte, en fait. »

On peut lire ici et là que Sharon Van Etten a sombré dans une histoire d’amour toxique qui fut le sujet de plusieurs de ses chansons. Remind Me Tomorrow est l'album d’une femme de 37 ans qui s’en est remis, sans fierté particulière, ni esprit de revanche. Elle choisit plutôt de regarder sans complaisance la jeune fille qu’elle fut. Une gamine de 17 ans qui avait envie de tout bouffer et qui s’est pris des murs. Sharon Van Etten s’adresse à cette ado. Sa gorge est offerte et, dans le même temps, elle montre les crocs. C'est la chanson "Seventeen".

Sharon Van Etten a interprété cette chanson en live dans le show télévisé américain de Jimmy Kimmel. Il faut la voir donner des coups de tête dans son smoking grenat, campée sur ses jambes interminables qui font un triangle avec la scène. Elle est magnifique. Ni victime, ni guerrière, juste le panache d’être elle-même. Elle chante ses victoires comme ses défaites sur une bande-son saturée, heurtée par des claviers. Elle surplombe le tout, avec sa voix et une mélodie qui finit par vous obséder. La voix de Sharon Van Etten, tantôt agressive, tantôt lascive et fatiguée...

la suite à écouter...

  • Légende du visuel principal: "Remind Me Tomorrow", nouvel album de Sharon Van Etten, a paru sur le label Jagjaguwar © Ryan Pfluger
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.