Le nouvel album d'un garçon qui se fait appeler Marietta est à l'affiche de 'Pop & Co' ce mardi. Ce disque inclassable s'intitule 'La Passagère'.

Le deuxième morceau de ce disque s'intitule "Nos ventres nus" et son refrain dit « Je veux ton corps ». Ces mots sont chantés par un homme et une femme, comme s’ils avaient pris des substances hallucinogènes. La voix de Marietta est douce et sereine. Pourtant, si l'on suit le texte de la chanson, dire « je veux ton corps » à quelqu’un, c’est alors à peu près tout ce qu’il reste.

Qui est Marietta ? Cela pourrait être le diminutif d’une fille, mais c’est le nom d’un garçon qui se prénomme Guillaume. Dans une interview accordée au magazine Manifesto, à la question, « Qu’est-ce que vous voulez, aujourd’hui ? », Guillaume Marietta répond en une seule phrase :

Je ne veux rien.

Disons qu’il préfère adopter une ligne de conduite plutôt qu’un plan de carrière. Sa ligne de conduite, c’est celle de ne jamais refaire le même disque. Il avait réalisé un premier album sous son nom dans sa chambre à coucher et il avait quasiment livré les chansons telles quelles. Pour ce disque-ci, il s’est rendu à Los Angeles. Marietta s’est retrouvé enfermé 10 jours, dans un box de voiture minuscule, transformé en studio d’enregistrement.

Pourtant, les neuf chansons de ce disque, c’est comme la jungle. Des grands espaces et une bande son-luxuriante. Une guitare folk, présente souvent, posée dans un décor de science-fiction, avec sons synthétiques et d’autres guitares saturées.

Son ambition serait de « faire un album de Dylan, qui sonnerait comme du Iggy Pop ». Et le tout, en français. On ne peut rattacher Guillaume Marietta à aucune catégorie identifiée dans ce que l’on appelle la chanson française. Ça n’est pas vraiment de la chanson à texte, ni de la variété. Marietta n’écrit pas des récits, mais compose des collages, sans que l’on puisse distinguer parfois les refrains des couplets.

Une voix modeste et peu de paroles dans des chansons qui respirent, avec de longues plages instrumentales. Les chansons de Guillaume Marietta ne suivent pas de chemins balisés. En 4 à 6 minutes, il défriche plusieurs directions. L’écouter, c’est plutôt accepter de se perdre.

la suite à écouter...

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.