Objet musical non identifié, la chanson "Louxor j'adore" de Philippe Katerine, tube gigantesque extrait de son album 'Robots après tout', a pour décor une boîte de nuit de Clisson, non loin de Nantes : le Looksor. Pour l'occasion, ce 'Tubes & Co' prend donc son café matinal au bar du Louxor.

Philippe Katerine est un homme qui sut réconcilier la France de Jean-Pierre Pernaut et celle de Yann Barthès en moins de quatre minutes et avec peu de mots. Pour ce moment de communion collective, Philippe Katerine choisit Louxor pour décor. Si Louxor est un nom qui renvoie à une ville de la Haute-Égypte, il évoque ici une discothèque de Clisson, en Loire-Atlantique, un lieu que Philippe Katerine fréquenta jeune homme. Le Louxor, c’est comme le Macumba ou le Pacha Club : une de ces boîtes de nuit d'aire d’autoroute qui nimbaient nos samedis soir d’exotisme.

En 2005, "Louxor j’adore" figure sur Robots après tout,le septième album de Philippe Katerine. Pour composer celui-ci, Katerine s’est imposé une contrainte : remiser guitare et piano pour n’utiliser que des sons synthétiques. Résultat : si l'on enlève la voix de Katerine, la musique de "Louxor j'adore" est plus anxiogène que festive : on dirait un signal d’alarme dans la salle des machines d’une usine, avant l’arrivée d’une armée de pantins détraqués. Dans ce décor de technologies infernales, Katerine envoie valser toute une tradition de la chanson française. Celle qui lorgne du côté de la littérature avec des litotes et des métaphores. "Louxor j’adore" est une chanson « expression directe » qui ne passe par les détours des figures de style. Le contraire de la prétention poétique, une chanson comme du cinéma vérité, des phrases qui défilent sans point ni virgule. Philippe Katerine raconte :

Les gens arrêtent de danser  
Ils se demandent qui a coupé  
Ils commencent à m'encercler  
Et là, je me sens en danger  
Alors je leur dis : "Prenez-moi
Faites de moi n'importe quoi
Pendez-moi la tête en bas
Comme la dernière fois !"

Les paroles racontent avant tout que leur auteur « adore regarder danser les gens au bar du Louxor ». Un petit plaisir qui est partagé par beaucoup : mater les timides qui bougent la tête comme des dindons, avec les pouces calés dans les poches pour mimer la désinvolture, mais aussi envier les exubérant·e·s qui font l’hélicoptère avec les bras comme des possédé·e·s.

Au départ, pour composer cette chanson, Katerine a utilisé une boîte à rythmes. Un petit appareil dont certains modèles ne sont pas plus gros qu’une boîte à sucre. "Louxor j’adore" est donc l’histoire d’un homme qui fait un hymne de stade avec le minimum de moyens, en coupant le son et avec une boîte à sucre électronique.

Du reste, "Louxor j’adore" déborde largement le cadre d’une chanson. Parce qu’avec ce tube, Philippe Katerine impose une silhouette inédite dans le petit monde des chanteurs bien mis

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"Je remets le son !" Philippe Katerine sur la scène des 22èmes Victoires de la Musique, à Paris, en 2007 © Getty / Stéphane Cardinale - Corbis
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