Le garçon à l'affiche du 'Pop & Co' de Rebecca Manzoni ce mardi matin s'appelle Ezra Furman. Avec 'Transangelic Exodus', ce chanteur queer, qui porte une robe longue et du rimmel, signe un album comme un opéra rock : la cavalcade de deux amoureux pourchassés, entre punk débraillé et pop symphonique...

Transangelic Exodus, ce disque d’Ezra Furman est l’histoire d’un hors-la-loi qui prend la route. On s’imagine toujours que les hors-la-loi sont des mâles, larges d’épaules. Au cinéma, un film populaire comme Thelma et Louise a bousculé ce cliché en racontant le road-movie de deux femmes en fuite. Avec son nouvel album, Ezra Furman va encore plus loin. Son disque, c’est Thelma et Louise, mais en version queer.

Ce matin, celui qui se dit hors-la-loi est donc un homme qui porte des talons aiguille et du rouge à lèvres. Il prend la route en commençant par ces mots :

Ne le dites pas à ma maman. Ne le dites pas à mon papa. Je roule vers Los Angeles avec mon fiancé.

Ezra Furman grandit dans une banlieue sans âme près de Chicago. Il se dit qu’un autre monde est possible quand il découvre le punk-rock. Son disque porte la trace de ces sons saturés pour gueuler l’ivresse de l’amour avec un homme. L’ivresse d’être soi-même, quel que soit le prix à payer. Dans ce disque, Ezra Furman pratique le rock débraillé des années 1950 autant que la pop symphonique avec cordes et cuivres.

Son album raconte le road-movie de deux amoureux pourchassés. Quand on entre dans ses chansons, on a cette image : une fois que l’on est dedans, on ne sait jamais ce qui nous attend au prochain virage. Ezra Furman n’a que 31 ans et il a la voix d’un homme qui balance entre la fatigue et la rage.

Dans une interview accordée au quotidien anglais The Guardian en 2015, Ezra Furman déclarait :

Je porte des jupes et du rouge à lèvres non pas pour attirer l’attention ou pour créer un personnage de scène. C’est juste ma vie. Je suis fier d’exister dans l’ambiguïté.

Dans l’Amérique de Trump, cette ambiguïté vit avec le poids d’une menace. Dans l’Amérique de Trump, Ezra Furman chante que cette différence n’a pas sa place.

la suite à écouter...

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