Le nouvel album de la Béninoise Angélique Kidjo s'intitule Celia. Il rend hommage à la diva cubaine de la salsa Celia Cruz, disparue en 2003. Par ce biais, Angélique Kidjo s'aventure sur les origines africaines de ce genre musical qui rayonne et fait danser dans le monde entier depuis des décennies.

'Celia', le nouvel album d'Angélique Kidjo, rend hommage à la chanteuse cubaine Celia Cruz
'Celia', le nouvel album d'Angélique Kidjo, rend hommage à la chanteuse cubaine Celia Cruz © Laurent Seroussi

À la question du journal Le Monde posée à Celia Cruz en 1998 « On vous dit reine de la salsa, n’est-ce pas difficile à assumer ? », la réponse de la chanteuse cubaine est plutôt simple.

Non, parce que c’est vrai ! Je suis la seule reine à ce jour.

Une reine avec talons aiguilles et chignon façon pièce montée. Au Yankee Stadium de New York en 1973, Celia achève de mettre le feu avec l’hymne de la salsa : "Bemba Colora".

Il fallait une artiste de la trempe d’Angélique Kidjo pour se frotter à une personnalité et un phénomène vocal comme celui-là. Elle avait déjà repris Nina Simone et Miriam Makeba. Et maintenant Célia Cruz, décédée en 2003. Ça n’est pas lui faire offense d’affirmer qu’avec ce disque, Kidjo et Cruz sont à égalité sur le podium.

Angélique Kidjo explore le répertoire de Celia Cruz du début des années 1950 à la fin des années 1990. Sa première intention, c’est l’hommage : saluer le talent d’une femme qui s’est imposée dans l’univers masculin de la salsa, payer sa dette à une artiste qui continue de l’influencer depuis ce concert de 1974, où elle la voit, à Cotonou, quand Angélique Kidjo vivait encore au Bénin. Mais le disque va au-delà de l’hommage.

Il prolonge une ambition qu’Angélique Kidjo poursuit depuis les années 1990 : pointer les traces de la musique africaine dans les bandes-son du monde entier. Là, elle met en valeur la rencontre entre les rythmes béninois et la salsa. Et elle crée de nouveaux liens. La section de cuivres qui l’accompagne est moins clinquante que dans les versions originales. C’est la fanfare béninoise Gangbé Brass Band.

Pour revisiter le répertoire de Celia Cruz tout en inventant une salsa des années 2010, Angélique Kidjo a un casting de musiciens cinq étoiles. On ne vous en cite que quelques-uns : le batteur nigérian Tony Allen, la bassiste américaine Meshell Ndegeocello, le saxophoniste Shabaka Hutchings, nouvelle figure du jazz anglais. Angélique Kidjo a confié la production et les arrangements de son disque à David Donatien. Il emmène les titres du côté de l’éthio-jazz, des mélopées orientales ou de l’afrobeat.

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