À l'occasion de la parution d'un coffret de 11 CD intitulé 'Renaud - Les années béton - 1975 – 1983', Rebecca Manzoni consacre son 'Tubes & Co' à la chanson "Laisse Béton".

Renaud lors d'un concert à la Bastille en 1989
Renaud lors d'un concert à la Bastille en 1989 © AFP / Patrick Hertzog

Et si on faisait comme si on ne l’avait jamais entendu ? Parce que la première fois que l’on entend ce morceau, on se dit qu’on est en terrain connu. Car la contrebasse sonne un peu comme du Brassens. Sauf qu’après, il y a un banjo qui affole la boussole. Alors on galoperait dans le Kentucky. Autant qu’en Ille et Vilaine. Avec des codes anciens, ceux de la country et ceux de Brassens, Renaud raconte une France pas si douce avec des mots nouveaux.

Renaud et ses chansons, c’est la bande son d’un beau roman qui vient de paraître. Il s’intitule Mistral Perdu ou les événements. C’est signé Isabelle Monin et elle raconte ce que représentait l’arrivée de ces mots nouveaux dans la chanson française pour toute une génération. Isabelle Monin écrit :

Cette langue qui dit flipper, bande, crado, poufiasse, nibard, blondasse, colbac, cette langue qui signifie liberté et fait soupirer d’indignation notre grand-père dans son gros fauteuil de gauche.

Isabelle Monin dit le plaisir de voir débouler Renaud à la télé, « avec ses jambes arquées comme une porte de grange. »

Le récit d’une baston, Renaud le fait sans points d’exclamation. Il chante tout droit. Ou presque. Il y a une semaine, le Président de la République a parlé de « ceux qui foutent le bordel ». Et le porte – parole du gouvernement a justifié cette saillie en disant :

Il m’arrive des fois au troquet, d’utiliser ces mots.

Je ne sais pas si le Président de la République est déjà allé au troquet, mais, Renaud, y’ pas de doute : il y était.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.