Les éditions Akileos publient deux ouvrages et un vinyle consacrés aux studios Hammer, maîtres du cinéma fantastique des années 1950 à 1970. 'Pop & Co' se penche sur la question.

Affiche du film "Dracula" de 1958
Affiche du film "Dracula" de 1958 © Getty / Movie Poster Image Art

Avec les films de la Hammer, le fantastique est en couleurs : c’est la première fois que le rouge sang éclate sur grand écran. Il dégouline le long des babines de ChristopherLee, acteur vedette de la maison, qui va incarner le comte Dracula pendant une vingtaine d’années, à partir de 1958.

La Hammer, c’est ainsi d'abord la voix de cet homme, qui vous accueille au château. Mais pas seulement : les moments où Dracula s’apprête à mordre sa victime, femme, jeune, en nuisette vaporeuse, habitée par l’effroi autant que par un désir incandescent, se déroulent sans dialogues… Pour autant, la tactique d'approche n'est pas silencieuse ; dans un film de la Hammer, la musique tient le premier rôle. Tandis que le vampire s’avance lentement, la bande-son est là pour anticiper les images à suivre. Elle annonce la libération des pulsions de Dracula, de la victime... et du spectateur.

Le compositeur quasiment attitré de la Hammer dans les années 1960 et 1970 s’appelait James Bernard. C’est lui qui invente la signature musicale tonitruante de la maison. Depuis James Bernard, dans l’imaginaire collectif, un film fantastique a une bande-son qui vous en met plein la vue. Quand il signe le générique du Cauchemar de Dracula en 1958, James Bernard raconte qu’il voulait détacher les notes, comme on égraine les syllabes de ce nom : DRA - CU - LA ! Cuivres, donc, et coups de cymbales.

La musique de James Bernard donne de l’emphase à la mise en scène au cordeau d’un grand cinéaste qui s’appelait Terence Fisher. À partir de 1958, Fischer va montrer des choses restées invisibles jusqu’ici. Et notamment, le désir des femmes.

la suite à écouter...

>>> L’Antre de la Hammer et L’Art de la Hammer ont paru aux éditions Akileos, qui publient aussi les meilleures bandes-originales en vinyle : Hammer Horror – Classic Themes 1958-1974.

>>> La revue Midi-Minuit Fantastique est rééditée en deux volumes aux éditions Rouge Profond.

>>> Un grand merci à Diane Lecerf et à Nicolas Stanzick pour leur aide précieuse dans la préparation de cette chronique.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.