Brigitte Bardot est à l'honneur dans le livre 'Moi je joue', paru aux éditions Flammarion qui retrace toute sa carrière de chanteuse. De "Sidonie" à "La Madrague" en passant par les chansons que lui a écrites Serge Gainsbourg, dont le très avant-gardiste "Contact", retour sur une discographie audacieuse.

Consacrer une chronique qui met Brigitte Bardot à l'honneur, en 2017, peut paraître surprenant pour certain·e·s. Il y aurait en effet de quoi tiquer car Bardot est aujourd'hui une femme qui semble préférer la cause des animaux à celle des humains et qui tient, à l'occasion, des propos racistes. C’est un fait.

Un fait, mais pas une raison pour nier à quel point Brigitte Bardot a tout changé. À quel point sa filmographie, son iconographie et son répertoire chanté ont ouvert une voie, en célébrant la liberté. Et notamment la liberté de disposer de son corps comme bon lui semble. Qui d’autre que Bardot, dans la France du général de Gaulle pour chanter, « Je me donne à qui me plaît », avec ce ton rieur de l’insolence  ?

Cette chanson paraît en 1962. Que chantent les vedettes féminines de la chanson à la même époque ? Sheila piaille que « l’école est finie », Françoise Hardy se lamente « d’aller seule, par les rues l’âme en peine » dans "Tous les garçons et les filles", et Barbara n’a pas encore interprété ses propres textes. En chanson aussi, Bardot fout donc le feu.

La liberté qu’elle incarnait était loin d’être du goût de tout le monde. Dans Vie Privée de Louis Malle, l’une des scènes du film s’inspire d’un moment qu’elle a vécu. Elle rentre chez elle au petit matin et se retrouve dans la cabine de l’ascenseur avec la gardienne de son immeuble, qui s’adresse à elle en ces termes :

Est-ce que vous n'allez pas bientôt leur foutre la paix à tous ces pauvres garçons ? Ils vous ont rien fait. Laissez-les vivre ! Vous n'allez tout de même pas coucher avec la Terre entière ? Eh qu'est-ce que vous êtes donc ? Hein ? Une chienne ? Oui, voilà... Une chienne ! Une garce, sans respect, sans pudeur.

Et c’est en chanson que Bardot lui répond parce qu'une chanson vaut parfois mieux qu’un long discours. Assise sur son lit, guitare à la main, Bardot interprète "Triolet fantaisiste", un poème écrit par Charles Cros à la fin du dix-neuvième siècle. Avec la musique de Jean-Max Rivière, le poème devient la chanson "Sidonie", le premier succès de Bardot chanteuse. Ce titre l’installe comme interprète de la nonchalance coquine. Cela tient à sa façon à nulle autre pareille de doubler les consonnes, ce qui donne des coups de freins à son débit, qu’elle a déjà lent.

Son interprétation est reconnaissable entre mille et les chansons qu’elle se choisit dessinent son portrait : une femme qui aime les hommes dans une France corsetée, une femme qui célèbre soleil et glande dans une France travailleuse.

Les grands auteurs de Bardot, le duo, Jean-Max Rivière et Gérard Courtois, ont signé ce petit bijou qu’est "La Madrague". Mais il faut aussi évoquer Serge Gainsbourg.

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