Dans un contexte politique particulier, le quintette états-unien The National publie un septième album. Dans l'Amérique de Donald Trump, 'Sleep Well Beast' détonne.

The National
The National © Getty

Le chanteur des National est un crooner. Quand on dit ce mot, « crooner », on pense aux hommes flamboyants des États-Unis d’après-guerre. Mais l’Amérique des années 1950 n'a plus grand-chose à voir avec celle d’aujourd’hui. Et les crooners ont changé. Ils passent toujours leurs nuits à vider le minibar, mais ils sont au bout du rouleau. Le chanteur des National s’appelle Matt Berninger. Il ne chante pas pour séduire il chante comme s’il se parlait à lui-même.

The National, ce sont cinq Américains qui ont créé leur groupe sous Georges W. Bush au début des années 2000. Et cette Amérique d’après le 11 septembre leur a inspiré un style crépusculaire, pour l’essentiel. L’un de leurs morceaux est quasiment devenu l’hymne de ceux qui ont commencé leur carrière à cette époque-là. Ça s’intitulait "Fake Empire" et ça disait en substance :

La grandeur de l’Amérique, c’est du carton-pâte.

En 2008, cette musique de "Fake Empire" est devenue la bande-son des clips de campagne d’Obama. Aujourd’hui, avec la présidence Trump, celle de « la revanche du mâle blanc », comme l’écrivait l’essayiste Guy Sorman dans le journal Le Monde, The National, c’est une autre idée de la virilité américaine.

Pour le titre de leur album, ils ont choisi Sleep Well Beast, que l’on pourrait traduire par « Dors bien, la bête ». Les chansons du disque racontent un homme défait, des histoires d’amour brisées, quand on en est au stade de l’abattement ou quand on a encore l’énergie de la colère.

Depuis 2002, The National, c’est la figure du rock indépendant américain.

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