Le 2 février 2018 sortait le troisième album de Melissa Laveaux : 'Radyo Siwèl'. La chanteuse canadienne y explore ses racines haïtiennes. Mélissa Laveaux est en concert aux Étoiles à Paris le 8 mars, dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent. Elle est à l'affiche du 'Pop & Co' de Rebecca Manzoni ce jeudi.

Mélissa Laveaux est née à Montréal. Aujourd’hui elle vit à Paris et plonge dans ses racines haïtiennes avec un nouvel album: Radyo Siwèl. Quand on écoute ce disque, on se dit qu’il faut prendre soin de ses souvenirs de gosse. Les souvenirs de Mélissa Laveaux, sont ceux d’une petite fille ayant grandi dans une famille haïtienne, exilée à Montréal. Ses souvenirs sont faits de quelques chansons d’Haïti, avec un refrain qui dit : 

J’ai rêvé que t’étais une bicyclette et que je te montais toute la nuit !

Mélissa Laveaux ne comprenait pas l’érotisme de cette chevauchée à vélo quand elle était enfant. Aujourd’hui, sur ce disque, Radyo Siwèl,elle en livre une version qui donne envie de rouler des hanches et de danser le twist.

Mélissa Laveaux n’a pas appris le créole. Sur le site Pan African Music, elle raconte qu’elle n’en entendait que des bribes, grâce à des conversations entre sa mère et ses tantes. Renouer avec ses racines, c’est d’abord renouer avec une langue. Après deux albums qui mélangeaient anglais et français, toutes les chansons de ce disque sont quasiment intégralement interprétées en créole.

Les morceaux du nouvel album de Mélissa Laveaux sont tous issus du patrimoine musical d’Haïti. Pour ce disque, elle est donc partie de chansons traditionnelles, écrites au début du vingtième siècle. Souvent, il n’en restait que des fragments : un bout de texte ou un bout de mélodie. 

Mélissa Laveaux pour la sortie de son troisième album, 'Radyo Siwèl'
Mélissa Laveaux pour la sortie de son troisième album, 'Radyo Siwèl' / Romain Staros Staropoli

Cent ans plus tard, Mélissa Laveaux a complété les vides pour fabriquer des chansons entières qui racontent l’histoire de son pays autant que sa vie personnelle. La vie d’une femme de 33 ans, qui a eu le folklore haïtien dans l’oreille, mais aussi Joni Mitchell, Lauryn Hill ou du trip-hop.

Haïti est la première République noire de l’Histoire, la première nation noire à s’être affranchie de l’esclavage et à déclarer son indépendance en 1804. Or, Mélissa Laveaux a choisi de faire revivre des chansons liées à un période précise : celle des années où les États-Unis ont colonisé Haïti, entre 1915 et 1934. Presque tous les morceaux de ce disque sont donc des hymnes de résistance à l’occupant. Mélissa Laveaux précise : 

J’ai choisi des chansons qui disent : on n’a pas honte de qui on est ; on est bien comme on est.

Ce sont des chansons d’anonymes ou d’artistes qui se sont battus pour promouvoir la culture haïtienne. 

la suite à écouter...

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