Fela Kuti, artiste nigérian engagé, meurt du sida en 1997. Un coffret de sept vinyles ainsi qu'un album hommage, mené par le rappeur français Leeroy, célèbrent l'artiste cet hiver. Fela Kuti est à l'affiche de 'Pop & Co' ce lundi matin.

Fela Kuti est un héros musical et politique, du même gabarit que Bob Marley. Il est né au Nigéria en 1938. 

Les morceaux de Fela Kuti enveloppent, d’abord, par leur douceur féline. L’écouter, c’est vivre un suspense par les oreilles avec des solos, des jaillissements collectifs, des répétitions hypnotiques et des coups d’arrêt. Dans un hors-série des _Inrockuptibles_dédié aux musiques africaines et paru en novembre 2016, le journaliste Francis Dordor écrit :

Fela a donné au continent africain son premier genre musical moderne, l’afrobeat.

Celui-ci est un mélange de jazz, de funk, de musiques traditionnelles de l’Ouest africain et de salsa. À partir de ces genres déjà existants, Fela invente le futur de l’Afrique. C’est l’histoire d’un homme dont la vie déborde largement le cadre artistique. Fela Kuti, né près de Lagos, au Nigéria, en 1938, déclarait : 

La musique c'est l'arme du futur.

L’afrobeat qu’il invente est la bande-son de la lutte contre la dictature militaire, corrompue par les pétrodollars, la bande-son du refus du renoncement, de la fierté et du panafricanisme.

En 1976, Fela Kuti écrit le titre "Zombie" pour désigner les soldats décrits comme des poupées mécaniques qui vont au pas, au trot, debout, couchées. La musique permet à Fela de mettre en scène son discours antimilitariste, avec des silences, des incantations et, tout à coup, une accélération. Fela Kuti chante en pidgin : la langue du peuple, mélange d’anglais dialectal et de yoruba.

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