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Eddie Barclay est mort il y a dix ans. Il incarne à lui seul tout un pan de l’histoire de l’industrie musicale française. 33 tours, cigares, whisky et p’tites pépées... qu'a-t-il apporté à son temps et aux suivants ?

A chaque époque sa révolution technique. Il y a quelques jours, Apple annonçait l’arrivée de sa plateforme musicale d'écoute en ligne . Soixante ans plus tôt, celui qui fit basculer le disque dans le monde de l’industrie en France s’appelait Eddie Barclay . En 1952, Barclay importe le disque vinyle d’Amérique , quand d’autres s’y refusent parce que le machin aurait signé l’arrêt de mort des cabarets . Et avec ce nouveau support, Eddie lance de nouvelles vedettes dont une italo-égyptienne de 23 ans.

Qui dit industrie, dit stratégie commerciale. En 1955, Gloria Lasso connaît le succès avec un accent espagnol. Barclay se met alors à chercher une interprète avec un accent italien. Ce sera Dalida . Avec Lucien Morisse , alors patron de la radio Europe n°1 , Eddie Barclay a fait de Dalida une vedette .

Eddie Barclay
Eddie Barclay © ARTE France | ITV Studios France / Bruno Sevaistre

Barclay est aussi le premier à établir ce que l’on appelle aujourd’hui des partenariats entre maison de disque, radio et la salle de spectacle qu’était L’Olympia . Le sens du marketing de Monsieur Barclay inspire d’ailleurs une chanson àLéo Ferré . « J’t’ai réservé une petite surprise », dit Léo à Eddie juste avant un enregistrement en 1964. Ce sera la chanson Monsieur Barclay .

C’est avec Barclay que Léo Ferré rencontre le succès : il lui propose des arrangements soignés, de belles pochettes avec livret de présentation à l’intérieur des 33 tours. Ferré s’est vu censurer plusieurs de ses chansons par Barclay, mais il en a dit ceci :

Barclay vend de la vinylite, mais au moins, c’est un type qui a un visage, qu’on peut engueuler. Ce n’est pas le conseil d’administration.

Barclay incarne sa maison de disque indépendante en se construisant un personnage de mondain qui porte un bleuet à la boutonnière et se taille une moustache de Clark Gable . Un homme d’affaires, doublé d’un musicien dingue de jazz aussi. La bande-originale de Bob le Flambeur , de Jean-Pierre Melville , c'est Eddie Barclay qui en a signé la partition.

Sa réussite entre 1954 et la fin des années 1970, c’est la modernité économique d’après-guerre. Barclay ne vient pas d’unegrande famille d’industriels . C’est un self-made man , ancien garçon de café, qui part à la conquête de ce nouveau marché qu’est le disque.

la suite à écouter...

Le 30 mai 2015, à l'occasion du dixième anniversaire de la mort d'Eddie Barclay , Arte diffusait le documentaire de Bruno Sevaistre Eddie Barclay, le roi du showbiz . Ce documentaire sera rediffusé sur Arte dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 juin, à 3h10. Les liens

le twitter de Rebecca Manzoni

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