Du 13 au 17 juin, à l'occasion de l'Euro 2016, Pop & Co se penche sur les liens entre ballon rond et culture. Épisode 3 : les scènes de foot au cinéma.

Extrait du film "Coup de tête", Patrick Dewaere, 1979
Extrait du film "Coup de tête", Patrick Dewaere, 1979 © Sipa / Nana Productions

Pour beaucoup de Françaises et de Français, la première vision que le cinéma ait donné d’un entraîneur de foot, c’est celle d’un gars en robe longue jusqu’aux chevilles. Parce que cet entraîneur était curé en soutane. Il s’appelait Don Camillo. Il avait la tête de Fernandel. Le film s’intitulait Le Petit Monde de Don Camillo, réalisé par Julien Duvivier en 1952 et multi-diffusé en noir et blanc à la télévision. Le match de foot y est la métaphore classique de l’affrontement entre deux cultures, deux pensées. D’un côté, l’équipe des communistes, emmenée par le maire de la ville. De l’autre, l’équipe des catholiques, galvanisée par Don Camillo. Et sur le terrain, il n'était pas question de charité chrétienne.

De Roberto Rossellini à Nanni Moretti, la particularité du cinéma italien, c’est de mettre le footballeur en soutane. Parce qu’en Italie, c’est l’Église qui a pris en charge la formation des joueurs depuis la libération. L’historien Fabien Archambault explique qu’on y a formé les footballeurs, comme de bons chrétiens. On obéit à son capitaine, comme on obéit au Saint-Père. Et dans Don Camillo, quand l’équipe catholique se prend la pâtée, le curé en appelle à Jésus, lui-même.

Il arrive par ailleurs qu’au cinéma, Dieu soit là, dans la chambre à coucher, debout. Car Dieu a des jambes au nombre de deux, un t-shirt dont le col est relevé. Parfois, au cinéma, Dieu s'appelle Éric Cantona. C'est le cas dans Looking For Éric, film de Ken Loach, sorti en 2009 où Cantona joue son propre rôle. Celui d’un joueur qui déboule comme le messie pour sauver un facteur de Manchester au bout du rouleau. La star du foot dans le cinéma anglais comme un mirage, un fantasme absolu. Un sauveur qui sait prodiguer des leçons de vie.

Dans le cinéma français aussi, le football a régulièrement les honneurs du grand écran. C'est le cas par exemple dans Coup de tête, un film de Jean-Jacques Annaud. Parce qu’ici, placer le foot au cœur du scénario permet une critique du pouvoir à l’échelle d’une petite ville de France. Parce que dans Coup de tête, il y a Patrick Dewaere en joueur amateur et ouvrier. Parce que Coup de tête, c’est la mise en scène de la tradition paternaliste à la française.

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