Tube de l'année 1968 et premier grand succès de Joe Dassin, "Siffler sur la colline" est l'adaptation d'un morceau italien signé Riccardo Del Turco et intitulé "Uno Tranquillo".

Joe Dassin, l'auteur de "Siffler sur la colline"
Joe Dassin, l'auteur de "Siffler sur la colline" © AFP / STAFF

Joe Dassin est titulaire d’un doctorat en ethnologie de l’Université du Michigan et auteur d’une thèse sur les Indiens Hopis. C’est pourtant ce même homme qui obtient son premier gros succès avec une histoire de drague dans une foire, au cœur d’un village français, en portant un costume Chantilly et un tambourin qu’il frappe sur sa cuisse.

Dans la chanson, une jolie bergère dit à Joe d'aller « siffler là-haut, sur la colline » et « de l'attendre avec un petit bouquet d'églantines ». Tout le monde, ou presque, le sait. On sait peut-être moins que "Siffler sur la colline" sort au cœur des événements de mai 68. Sept millions de Français sont en grève, on peut donc se demander comment cette histoire de bergère farouche devient un tube ! Justement : merci les grévistes. Parce qu’à ce moment-là, sur France Inter, on n’entend que de la musique. La journaliste Arlette Sayac raconte :

Il y a une chanson que l'on entendait très souvent et c'est vrai : une certaine matinée, je l'ai entendue quatre fois, ce qui est quand même pas mal sur France Inter. C'était "Siffler sur la colline"...

En sus du matraquage sur les ondes, "Siffler sur la colline" en 1968 est aussi un soulagement. Pendant que l’on balance des pavés dans les rues de Paris, Dassin chante l’allégresse de la France des villages. Dans le refrain, Joe se prend un râteau par une bergère. Mais ce n’est pas grave. Il fait savoir qu'il est quand même bien, là, en haut de la colline, au milieu des églantines ?

Dassin chanteur, c’est avoir un homme qui sourit dans l’oreille. Et pour vraiment mesurer la gaieté de la chose, il suffit de confronter ce refrain avec l’interprétation qu’en fait Jean-Pierre Bacri.

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