Le label Born Bad Records vient de publier le deuxième volume d'une compilation qui s'intitule 'Chébran - French Boogie'. Bande-son d’une génération qui rompt avec la musique qu’écoutaient ses parents, sans renier ses origines, elle rassemble des morceaux français, de la France "black blanc beur", des années 1980.

Quand on regarde la liste des morceaux de cette compilation, on peut être fort surpris par le nom de l’interprète du premier morceau. C'est celui de Phil Barney. Phil Barney qui, en 1987, commettait le tube "Un enfant de toi".

Toutefois, l’esprit des compilations Chébran - French Boogie est tout le contraire de Stars 80. Elles pourraient même s’appeler Tocards 80, tant elle rassemble des perdants magnifiques n’ayant jamais atteint les sommets du Top 50. Shams Dinn, Ettika, des noms qui, s'ils sont globalement inconnus, ont pourtant ouvert des voies.

Phil Barney figure sur cette compilation parce qu'il fut le premier rappeur français au début des années 1980. Sur la radio Carbone 14, entre 17 heures et 19 heures, Phil se lançait dans des alexandrins pour commencer son émission.

Cette compilation documente une certaine histoire de France : celle des radios libres, comme Carbone 14, Nova où Radio Beur. Des antennes qui bousculaient la programmation des radios d’État, en s’ouvrant à des bandes-sons plus souterraines dont le rap, devenu, musique dominante depuis. Les filles s’y mettaient aussi : Ettika est l'un des groupes qui figure sur Chébran - French Boogie, volume 2. « Ettika », ça veut dire « confiance » en arabe. On ne connaît que le prénom des cinq filles d’Ettika : Hafida, Djamila, Samira, Sunaï et Najet. Elles rappent des formules administratives qui leur ferment des portes. 

Avec l’ouverture de la Coupe du monde de football 2018, la France se repaît du souvenir de la victoire de 1998 et de la génération "black-blanc-beur". Cette compilation rappelle qu’on a vraiment cru à cette France "black-blanc-beur", au milieu des années 1980. La politique n’était pas forcément dans les mots, mais dans les mélanges qu’opéraient ces morceaux : du funk synthétique, du disco et... l’Algérie. Dans "Dansez le Raksi", Nordine Staïfi évoque le raski, une danse algérienne. Après D.I.S.C.O., voici donc R.A.S.K.I. Dans les paroles, il passe naturellement de la langue de Molière, à de l’anglais en yaourt, à de l’arabe.

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