Au lendemain du second tour des élections législatives, 'Pop & Co' s'interroge sur la façon dont la musique s'invite à l'Assemblée nationale.

C’était un mardi. Le 3 Juin 2003, l’Assemblée nationale est présidée par Jean-Louis Debré. Nicolas Sarkozy est alors ministre de l’Intérieur.

Comment il s’appelle lui ?

C'est la question qui s'était posée face à un député-chanteur qui venait de parasiter la parole du ministre. Il s’appelle Jean Lassalle et était à l’époque député centriste des Pyrénées-Atlantiques. Du haut de la travée UDF, Jean Lassalle s’est alors mis à interpréter "Se Canto", un chant de ralliement occitan. Cette chanson entonnée en langue régionale signe alors son baptême médiatique. Elle a également représenté le moyen d’être audible et d’attirer l’attention sur la cause qu’il défend : obtenir l’installation d’une brigade de gendarmes à l’entrée du tunnel du Somport, ce qu'il obtiendra grâce à ce coup d’éclat chanté.

Et puisque la musique est politique, elle fait aussi l’objet de débats à l’Assemblée Nationale, les plus vifs étant lorsque la musique est accusée de troubler l’ordre social. Depuis le début des années 2000, le rap s'impose comme le genre en accusation. En 2003, dans l’Hémicycle, Nadine Morano s’indigne de la chanson "La France" du groupe Sniper.

La France est une garce.

Par ses paroles et son refrain, le texte incite en effet, selon la députée, à la violence, et bafoue les valeurs de la République. Dans son livre Une histoire du rap en France, le sociologue Karim Hammou souligne que c’est précisément après les émeutes d’automne 2005 que la mobilisation des députés contre le rap a été la plus forte. Cela dit, le rap est entré à l’Assemblée d’une autre façon l’année dernière...

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