Une femme puissante (de plus) fait la une de 'Pop & Co' ce mardi matin. Elle s'appelle Oumou Sangaré et son album 'Mogoya' vient de paraître sur le label No Format.

La diva malienne Oumou Sangaré en concert en 2014
La diva malienne Oumou Sangaré en concert en 2014 © AFP / Michal Fludra / NurPhoto

Au Mali, la tradition veut que les chants soient pris en charge par les griots. Oumou Sangaré n’est pas griotte ; ce à quoi elle répond :

Et alors ? Il était griot Michael Jackson ?

Sur son disque Mogoya, on entend des cordes qui sonnent comme celles d’un banjo : c’est du n’goni. Un son du Wassoulou, région d’origine d’Oumou Sangaré, au sud du Mali. Le n’goni mêlé à une guitare-basse et des claviers, ça donne du funk malien, porté par une femme.

Oumou Sangaré s’est imposée comme chanteuse il y a 27 ans. Devenue star mondiale, elle publie son nouvel album sur un label français et indépendant qui s’appelle No Format. Là, on lui a réservé un légitime accueil de reine. Avec la pochette du disque, d’abord : un portrait peint d’Oumou Sangaré, avec cheveux d’or, une jupe courte et des hauts talons bleus. Chez No Format, Oumou Sangaré s’ouvre à de nouveaux sons comme l’électronique sans renoncer ni à sa musique ni à sa langue, un dialecte bambara.

Sur le morceau qui s'intitule "Yere Faga", on entend la frappe d’un batteur de légende,Tony Allen. "Yere Faga", ça veut dire « le suicide ». Et son refrain proclame :

Personne ne doit se tuer à cause de la souffrance.

Dans les couplets, Oumou Sangaré raconte les calomnies qui courent à son sujet au Mali. Elle chante :

Ils ont tout dit sur moi. Ils m’ont associée au trafic de drogues, à l’industrie du porno. Mais je ne me suis pas tuée pour autant.

Oumou Sangaré résistante et dérangeante.Chanteuse immense et autorité morale en même temps. Dès ses débuts, elle a dénoncé la polygamie, le mariage forcé, l’excision. Sur ce disque, il y a le titre "Kamelemba", qui signifie « coureurs de jupons ». Face à leurs beaux discours, elle, garde sa verve et se marre. Elle y chante :

Les filles, faites gaffe aux playboys.

Oumou Sangaré n’avait pas publié d’album depuis huit ans, occupée qu’elle était par d’autres activités : construire un hôtel, gérer élevage de poules, monter une compagnie de taxis. Elle résume tout ça d’une phrase :

Je suis pour l’émancipation de l’Afrique et de la femme.

la suite à écouter...

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