Pour le 50e anniversaire de la diva pop Céline Dion (mars 208), 'Tubes & Co' est consacré à "My Heart Will Go On", tube mondial de l'année 1997, extrait de la bande-originale du film 'Titanic' : l'histoire d'un morceau qui commence par un air de de flûte irlandaise et qui n'en finit pas de se terminer en apogée.

Céline Dion sur scène le 3 septembre 2006 à Las Vegas, au Nevada
Céline Dion sur scène le 3 septembre 2006 à Las Vegas, au Nevada © AFP / Ethan Miller / Getty Images

Pour Céline Dion, c'était initialement hors de question. Hors de  question et sans appel. Lorsque le grand compositeur James Horner, lui  joue "My Heart Will Go On"au piano dans un studio de New York, Céline dit à René, son défunt mari : 

On va dans le mur avec cette toune ! 

Mais René insista et la chanson put voir le jour. En 1997, la puissance vocale de Céline Dion est déjà connue dans le monde.  Or, ce morceau composé par James Horner commence en toute modestie :  avec une flûte irlandaise, qui fonctionne comme un signal pour le  public.

Cette flûte introductive (que l’on pourrait confondre, à tort, avec la  bande-son d’un massage relaxant aux huiles essentielles) a guidé  l’interprétation de la chanteuse. En 2010, sur la chaîne américaine CNN, Céline Dion donnait des détails au présentateur Larry King.  La douceur de la flûte demande d’abord de chanter sur la pointe des  pieds, dans un souffle. Mais, ensuite, le déploiement de la chanson  exige un changement de registre dramatique. Ce qui est loin d'être  évident, dit-elle.

My Heart Will Go On", titre qui peut être traduit par "Mon cœur continuera de battre", est la rencontre entre deux phénomènes culturels :  

  • Le succès historique de Titanic,  qui relance un genre de cinéma que l’on croyait fini : des films à  grand spectacle, financés par des studios hollywoodiens mythiques tels  que la Fox et la Paramount.
  • Les divas de la pop des années 1990 : Mariah Carey, Whitney Houston et Céline Dion. Des femmes qui chantent l’amour absolu sans distance.

Vocalement, Céline Dion fut ainsi totalement raccord avec le faste hollywoodien du film Titanic.  Car, la douceur de la flûte irlandaise n’est en réalité  qu’annonciatrice d’une apogée programmée. Céline Dion termine sa  chanson, avec une intensité et un volume croissants, bras en croix et  cheveux au vent, sous l’effet d’un ventilateur surpuissant... ou sous  celui du fracas de flots.

En 2014, le journaliste canadien Carl Wilson a consacré un essai entier à Céline Dion : Let’s Talk About Love - Pourquoi les autres ont-ils si mauvais goût ? (éd. Le Mot et Le Reste). Carl Wilson y explique que Céline Dion est l’incarnation d’un style musical à part entière que l’on appelle le « Schmaltz ».  Cette esthétique du sentiment qui dégouline représente un terrain de  jeu idéal pour l’ironie. Le fait est que "My Heart Will Go On" a donc d’abord donné lieu à des parodies qui, souvent, impliquent une flûte...

Mais dans un article publié par le magazine canadien Mac Lean’s en juin 2017 et cité par Courrier International, Carl Wilson écrit qu’il est devenu difficile de se moquer de Céline Dion aujourd’hui... parce que son sentimentalisme premier degré est devenu tendance. 

la suite à écouter...

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