Le guitariste Eric Clapton fait l’objet d’un documentaire de Lili Fini Zanuck qui sort en salles ce mercredi 23 janvier. "Life in 12 Bars", c’est le titre, sa bande-originale est éditée en CD, et il est à l’affiche de Pop & Co ce lundi matin.

Le documentaire Life in 12 Bars regorge de moments précieux, parmi lesquels celui-ci.En 1967, Eric Clapton est à New York pour travailler sur un album dans les studios d’Atlantic Records. Aretha Franklin enregistre aussi ce jour-là, et Clapton passe une tête dans le studio. À l’époque, il avait une permanente, ce qui n’était pas une bonne idée. Il raconte : 

Je suis arrivé avec mes cheveux, ma chemise de satin rose, mes chaussures à semelles compensées et Aretha s’est marrée.

Quand il s’est mis à la guitare, Aretha Franklin a cessé de rire. La guitare de Clapton s’est glissée comme un chat, Aretha s’est mise à chanter, et un dialogue s’est installé.

Clapton nous a ouvert les oreilles à une musique qui n’était ni célébrée, ni à la mode, quand il était adolescent. Eric Clapton, lorsqu'il raconte le jeune homme de 15 ans qu'il était dans l’Angleterre de 1960, explique : 

J’ai lu Baudelaire, j’ai lu Kerouac, Ginsberg, Steinbeck... Mais j’étais absolument accro au blues. Totalement obsédé par ça.

Le documentaire Life in 12 Bars raconte un Clapton passeur. Dès ses débuts, il déclare :

Quand les gens seront suffisamment cultivés pour apprécier la musique originelle jouée par des Noirs, ils ne se contenteront plus des pâles imitations des Blancs.

Clapton joue du blues et lui donne des prolongements en solo et avec plein de groupes : The Yardbirds, John Mayall & the Bluesbreakers, Derek And The Dominos

Pour la guitare, il y a un avant et un après Clapton. Il invente des techniques d’enregistrements, des scansions, des effets. Et c’est avec le groupe Cream qu’il devient le premier guitar hero. En 1967 paraît l’album Disraeli Gears. Avec ses collègues, Clapton devient le trait-d’union entre le blues des origines, le rock psychédélique, et le hard-rock à venir.

Dans le documentaire, le Clapton d’aujourd’hui n’apparaît jamais à l’écran. Il n’y a que des archives et, en voix off, des extraits de conversations qu’il a eues avec Lili Fini Zanuck, la réalisatrice. Avec retenue et presque froidement, il dit sa honte et son dégoût de lui-même tout au long des années 1970, sur des images qui le montrent ivre mort ou défoncé à la coke, qu’il renifle à la pointe d’un canif.

Et, à chaque fois, sa guitare le sauve de tout. Elle le sauve d’une mère qui l’a abandonné, de la perte d’un fils de 5 ans qui s’est défenestré, du naufrage d’un amour pour la femme de son meilleur ami...

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Eric Clapton sur scène en 1986 © Getty / Michael Putland
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