Philippe "Zdar" Cerboneschi s'est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi, à la veille de la sortie du dernier album de son groupe Cassius. L'artiste a marqué l’histoire de la musique française et mondiale.

C’est un homme dont vous connaissez forcément la touche, peut-être sans le savoir.

Au début des années 1990, on lit le nom de Philippe Zdar sur les trois premiers albums d’MC Solaar. Il y fait entrer la culture qu’il découvre à l’époque : celle de la house. 

Sons réverbérés, basses des musiques de club, motifs en boucles hypnotiques. Philippe Zdar fait partie de ceux qui ont ouvert et façonné le son du rap français.

Dans ces mêmes années, Philippe Zdar initie une autre révolution musicale. C’est ici qu’elle se passe, mais c’est d’abord de l’autre côté de la Manche qu’elle épate. Les Anglais sont les premiers à la nommer, c’est la « French Touch » qui réunit Daft Punk ou Air.

La French Touch, dont Zdar est pionnier par le biais d’un album co-conçu avec Etienne de Crécy. Le disque s’intitule Pansoul.

Où l’on découvre que la house peut accueillir free jazz, funk et hip hop.

Toute l’œuvre de Philippe Zdar comme DJ, mixeur, producteur, est faite de collaborations multiples et de liens, entre des univers à priori cloisonnés.

En 2011, il déclarait au journal Le Monde :

« Il faut toujours que la puissance, la brillance de la musique soit perturbée par des éléments punks, de la crasse et de la sueur. »

Avec Cassius, le duo qu’il forme avec Hubert Blanc Francard, il continue d’inscrire la musique électronique française sur la carte de la musique mondiale.

Au début des années 2000, en pleine crise du disque, Zdar achète un studio d’enregistrement à l’abandon, à Montmartre. Il va en faire un lieu mythique, y créer un son unique.

Il y produit les albums de Cat Power, de Phoenix, des Beastie Boys ou du groupe The Rapture.

Mais le morceau, qu’il a produit, mixé et dont il se disait le plus fier est un titre de pop symphonique de plus de 7 minutes. Un chef d’œuvre des années 2010 qui s’intitule « La Ritournelle », composée par Sébastien Tellier.

Aujourd’hui même, est publié Dreems, nouvel album du duo Cassius. Que les modes aillent et viennent, le disque raconte une fidélité à l’utopie de la musique électronique. Une communion hédoniste et fraternelle qui réunirait genres, couleurs et classes sociales dans un club ou en plein air.

La danse comme un rêve, qui fait oublier que demain existe.

Ce soir, Philippe Zdar devait jouer pour fêter la musique sur France Inter. Un hommage lui sera rendu dès vingt heures.

  • Légende du visuel principal: Philippe Zdar, père de l'électro à la française © Foc Kan / Contributeur (4 juin 2014)
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