Que dirait Claude Barzotti s'il l'apprenait ? Le trio qui avance sous le nom de Mister Milano et qui a décidé de rendre un hommage, tout à la fois sombre et kitsch, à la variété italienne des années 1980, est suisse ! Son premier album sera présenté début décembre aux 39èmes Rencontres Trans musicales de Rennes.

Derrière Mister Milano se cachent donc trois Suisses qui se prénomment respectivement Max, Igor et Lou. Ils ont inventé Mister Milano comme un personnage de fiction, un fantasme du "rital", plus que de l’Italien, avec tous les clichés que ça suppose : le grand brun à belle gueule qui emballe d’une œillade, chemise ouverte sur un torse option moquette. Mister Milano parodie la variété italienne des années 1980, cette pop synthétique qui renvoie à Toto Cutugno braillant « Lasciate mi cantere con la chitarra in mano ».

Le groupe joue de tous ces codes, dont une boîte à rythmes qui semble sortie d’un clavier Bontempi. Du reste, comme Eros Ramazzotti ou Richard Cocciante, Max Usata, le chanteur, a la voix éraillée lui aussi.

Ce projet, Mister Milano, vient renforcer l'idée que la variété italienne des années 1980 est une inspiration pour la pop internationale aujourd’hui. En juin dernier, le groupe français Phoenix publiait par exemple un album intitulé Ti Amo. Un disque pour célébrer l’insouciance, les gelati autant que le festival de variétés de San Remo.

La démarche de Mister Milano est à la fois plus radicale et plus sombre. Plus radicale, parce qu’ils poussent plus loin le curseur du kitsch. Plus sombre, parce que, sur des ritournelles inspirées de la musique populaire, Mister Milano raconte l’Italie d’aujourd’hui. L’Italie qui voit des hommes, des femmes et des enfants tenter d’atteindre les côtes après un voyage dans une mer infinie. Et la pop de Mister Milano devient musique électronique minimaliste.

la suite à écouter...

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.