Que l'on soit de Longwy, Meurthe et Moselle, ou de la banlieue de Manchester, le panache des quatre garçons prolétaires de Joy Division a de quoi bouleverser tout·e auditeur·rice. Avec "Love Will Tear Us Apart", Ian Curtis et ses acolytes signent un tube détaillant l’histoire d’un couple rongé par la routine.

Les garçons de Joy Division venaient de la banlieue ouvrière de Manchester, un endroit que les manuels d'histoire-géographie qualifient de "post-industriel". Pour quiconque viendrait d'une région ouvrière, en Angleterre ou en France, le fait que ces quatre jeunes prolétaires aient autant de panache représentait comme un rêve devenu réel. Joy Division, au milieu des crassiers et des usines en friche, ça claquait. Ce qui est sûr, c’est que Joy Division, c’était gris comme le ciel de Longwy, Meurthe et Moselle.

Et pourtant le morceau "Love Will Tear Us Apart" est sorti aux beaux jours, en été, en juin 1980.

L’Angleterre se remettait à peine du punk et Joy Division en était issu. Dans un documentaire que Grant Gee a consacré au groupe en 2009, on voit Bernard Sumner, cofondateur de Joy Division, écouter un de leurs premiers morceaux. À l’époque, Joy Division s’appelait Warsaw. Sur l’écran, Bernard Sumner fait la moue et résume l’esprit du groupe :

Ces chansons étaient vraiment atroces.

À partir de là, et en une paire d’années seulement, Joy Division va grandir vers la rigueur, sans renoncer pour autant ni à l’énergie ni à la fièvre. Dès le début du morceau, "Love Will Tear Us Apart" vous met sur le qui-vive. À la batterie, il y a Steve Morris, un garçon qui s’est payé ses premiers fûts en découpant à la hache les meubles de sa chambre pour les vendre en bois de chauffage. Aux claviers, il y a Bernard Sumner et, à la basse, Peter Hook. C'est au milieu de cette machine qui va tout droit, qu'apparaît la voix de Ian Curtis.

En français, on peut traduire le titre "Love Will Tear Us Apart" par "L’amour nous déchirera".

la suite à écouter...

Légende du visuel principal:
Deux des membres de Joy Division (Bernard Sumner, à gauche, et Ian Curtis, à droite) sur la scène du Lantaren à Rotterdam, en 1980 © Getty / Rob Verhorst / Redferns
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.