Un an après son investiture, Donald Trump continue de s'attirer les foudres des popstars de son pays. Selon un spécialiste américain de la chanson protestataire, l'opposition au Président, en musique, est sans précédent dans l'Histoire des États-Unis. Pourquoi et comment ? Réponse en quatre morceaux et quatre minutes.

Dorian Lynskey est un critique musical anglais et historien de la chanson contestataire. Dans une interview récemment accordée à The Atlantic, Lynskey affirme que, dans l’histoire des protest songs, Trump est le plus gros des catalyseurs. Si Nixon, Reagan, Thatcher et George W. Bush avaient provoqué une opposition en chansons, l’engagement de la pop contre Trump est sans précédent.

Un exemple avec le groupe de hip-hop A Tribe Called Quest. Deux jours après l’élection de Donald, il publie un album sur lequel figure une chanson intitulée "We the People". Dans ce morceau, A Tribe Called Quest parodie le discours de Trump avec ce texte :

Vous tous : les Noirs, les Mexicains, les pauvres, les musulmans, les gays... vous devez partir. On n’aime pas vos manières.

La mobilisation de la pop contre Donald Trump est inédite par son ampleur, mais aussi par sa nature. Nixon et George W. Bush étaient en effet surtout stigmatisés pour leur politique : la guerre du Vietnam pour l’un, la guerre en Irak pour l’autre, tandis qu'avec Trump, c’est aussi et autant la démesure du personnage lui-même qui est visée. Les critiques et les quolibets s'attaquent à son teint orange autant qu'à son état mental, en passant par sa frénésie de publications sur Twitter.

Ainsi, le 5 avril 2017, Joan Baez, figure historique de la chanson protestataire, s’assoit sur son canapé avec sa guitare sèche et publie la chanson "Nasty Man"sur son compte Facebook. Joan Baez y évoque les désordres mentaux de Donald Trump. Elle lui conseille d’aller voir un psy.

Toutefois, si l’engagement est parfois souhaitable, reste que, pour une popstar, il est tout de même important de vendre des disques. C’est là que le rappeur Eminem franchit une étape dans la contestation musicale. A la fin d’une improvisation tournée dans un parking en octobre dernier, Eminem rejette explicitement les fans qui soutiennent Trump.

Si l’un de mes fans est un supporter de Trump, je trace une ligne dans le sable. Tu es pour ou contre. Et si tu n’arrives pas à te décider, je vais le faire pour toi.

Et il ajoute : « Fuck you ! » Mais l’insulte a été censurée.

Dans la pop, Trump ne ferait plus débat : vous êtes pour ou vous êtes contre. Et, dans cette logique, celles et ceux qui ne se prononcent pas sont supposé-e-s lui être favorables. C’est le cas de la plus grosse vendeuse de disques au monde : Taylor Swift. Par son silence, Taylor Swift est soupçonnée de vouloir entretenir son commerce en n'offensant personne.

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