Prince, Tina Turner ou Sade sont dans 'Pop and Co' par la grâce d’un disque de reprises signé d’une grande artiste américaine. Son nom : Meshell Ndegeocello. L'album s'intitule 'Ventriloquism', il rend hommage aux musiques que Meshell Ndegeocello écoutait lorsqu'elle était adolescente et qui l'ont forgée.

Ventriloquism, comme si elle-même était ventriloque, en interprétant des mots et des musiques qui ne sont pas les siens. Pourtant, avec Meshell Ndegeocello, l’exercice de la reprise n’a rien à voir avec l’imitation. Elle interprète des tubes connus de tou·te·s. Néanmoins, à l’écouter, elle, il semblerait parfois que ces titres soient inédits. C'est le cas avec sa reprise de "Smooth Operator", tube de l'année 1984, interprété la première fois par Sade.

Cette chanson, qui parle d’un gars qui sait y faire avec les filles, en 1984, c’était du soft jazz inoffensif. En 2018, cette histoire de bourreau des cœurs devient sombre et inquiétante.

Meshell Ndegeocello mène son parcours sans concessions depuis 25 ans. Tous les titres qu’elle reprend ont paru entre 1982 et 1994. C’est la musique de son adolescence : des chansons qui ont influencé sa vie d’artiste et de militante. Afro-américaine, lesbienne, convertie à l’Islam. Meshell Ndegeocello reprend "Waterfalls", un morceau du groupe TLC, sorti en 1994. La chanson évoque la communauté afro-américaine décimée par le sida, la drogue et la violence.

Sur les 11 chansons de l’album, on retrouve à plusieurs reprises un duo de producteurs : Jimmy Jam et Terry Lewis, deux hommes qui ont façonné la pop des années 1980 en travaillant pour Janet Jackson ou George Michael, en mélangeant musique soul et sons synthétiques. Meshell Ndegeocello s’approprie leurs titres en optant pour une version acoustique. Elle reprend leur morceau "Sensitivity" (encore une chanson pour emballer les filles), avec ce refrain, qui n'a plus tout à fait le même sens quand c'est une femme qui le chante et qui dit : 

Il te faut un homme sensible. Un homme comme moi. 

Pour sa façon de brasser tous les genres de la musique noire américaine, on a dit que Meshell Ndgeocello était le pendant féminin de Prince. Mais Prince l’avait qualifiée de « négresse domestique ». Ce à quoi elle répond : 

La mort de Prince m’a bouleversée. Sûr que c’était un trou du cul. Mais aussi un génie.

On retrouve, sur Ventriloquism, une reprise de Prince : "Sometimes It Snows In April", chanson de deuil magnifique.

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L'Américaine Meshell Ndegeocello publie un magnifique album de reprises intitulé 'Ventriloquism'. © Charlie Gross
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