Didier Varrod présente “Amir”, le premier album d'un jeune homme qui avance sous le nom de Tamino et qui puise son inspiration autant dans la musique arabe (Tamino est belge d'origine égyptienne) que dans celle de Serge Gainsbourg ou de Leonard Cohen.

Tamino, est un auteur compositeur interprète flamand de 21 ans, qui a baptisé son premier album Amir, qui n’est autre que son deuxième prénom.

Tamino, c’est le prince de la flûte enchantée, un musicien magicien symbolisé par le feu. Amir signifie en arabe « prince ». C’est donc l’histoire d’une existence placée sous le signe d’un conditionnement qui confine au déterminisme. L’Orient brûle dans la voix et les doigts de cet éblouissant musicien né pour vivre à la fois le parfait bréviaire rock & folk, et les lois mystiques de la transcendance.

Tamino, né à Anvers, ne pouvait pas échapper à son ascendance égyptienne. Sa famille musicienne a contribué inconsciemment à faire fleurir son chant de falsetto. Un chant, éloge de la lenteur. Tamino, musicien bien assis dans son époque tente malgré tout de maîtriser le temps. Cela s’appelle la quête d’un l’absolu, celui de la romance éternelle.

Grand guitariste à la voix surnaturelle, Tamino joue des octaves avec une facilité désarmante

C'est entre le spleen mystique de Léonard Cohen, le blues de Oum Kalsoum et la sono expérimentale de Radiohead que Tamino a trouvé sa voix et son propre chemin spirituel. Nous offrant cette conviction qu’en musique, le sud et l’Orient en particulier sont bien l’avenir décisif du rock continental. Comme si au fond Tamino en faisant jouer l’orchestre Nagham Zikrayat composé de musiciens syriens et irakiens, était l’un des princes héritiers de cette révolution de lotus, utopie que l’on sent réalisable dans la structure même de sa musique

Petit fils de Muharam Fouad, acteur et interprète égyptien de 900 chansons dont 20 dédiées à la Palestine et dont le surnom est le « Son du Nil », Tamino opère dans un devoir de mémoire somnambule un syncrétisme musical qui ennoblit sa propre dualité psychologique. Où son romantisme inné se fracasse parfois sur un réalisme amoureux désespéré

Tamino cite souvent Khalil Gibran comme influence pour l’inspiration de ses textes. Le poète libanais qui écrivait « la beauté n’est pas un besoin mais un ravissement. Ce n’est pas une bouche assoiffée ni une main tendue, mais plutôt un cœur enflammé et une âme enchantée. ». Une belle définition pour exprimer ce que procure ce premier album magnifique de Tamino.

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'Amir', premier album de Tamino, a paru le 19 octobre 2018 © Ramy Moharam Fouad
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