Didier Varrod présente 'Shikantaza', le nouvel album de Chinese Man : une invitation au voyage et au lâcher-prise en 16 plages.

Il paraît que les voyages forment la jeunesse. Le collectif Chinese Man a, quoi qu’il en soit, puisé dans ce proverbe une bonne raison de se réinventer. Dès le morceau d’introduction de Shikantaza, on bascule dans un voyage grand-angle avec un instrumental traditionnel que l'on appelle le gamelan. Percussions cuivrées, chant lancinant, beat hip-hop et sitar enregistrée à Bombay ; nous voilà plongé.e.s dans une exploration hybride. Celle qui constitue le programme commun de gouvernement musical de ces trois sorciers du son. Trois DJ : Zé Mateo, High Ku et Sly qui ont pris la route des Indes pour être fidèles à l’âme portuaire et ouverte sur le monde de leur résidence principale : Marseille. Avec Chinese Man le voyage dépasse vite sa vertu strictement touristique. La confrontation aux sons d’ailleurs est comme une mise à l’épreuve de leur propre pedigree musical. Le groupe interroge la modernité de la musique urbaine qui, de Paris à New York, en passant par Bombay puise dans la même énergie du désespoir.

Parmi les caractéristiques de ce nouvel album, on trouve une présence féminine plus forte. Il y a toujours eu chez Chinese Man une tonalité très masculine ; cette invitation au voyage, notamment avec la chanteuse américaine Kendra Morris, a arrondi les angles du "son Chinese". Comme un petit goût de soul music dans un paysage toujours sous tension. Bien sûr, on retrouve ce plaisir intense de l’art du collage, et de la collusion, presque toujours thermique, de sonorités adverses que les trois DJ contraignent au dialogue. C’est la dimension à la fois poétique et politique de leur démarche : trouver l’unité sans le consensus.

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