Il est rare que la sortie du nouvel album d'un chanteur français reçoive un accueil aussi ubiquitaire que celle de ce 'Blitz', dernier disque d'Étienne Daho. Et pour cause, il semblerait bien que cet opus soit épatant. Pour aider l'auditeur à se forger son avis, 'Pop & Co' propose d'écouter quelques extraits choisis

Avec le premier morceau de ce disque, "Les Filles du canyon", vient d'abord un certain étonnement. L’étonnement d’entendre un Daho toutes guitares dehors, une fureur rock à laquelle on n’associe pas forcément cet homme. Une chanson française qui a l’ambition du western et de ses grands espaces, avec la mise en scène d’une cavalcade d’amazones aux poignards ensanglantés.

Étienne Daho conclut les couplets de cette chanson par ces deux mots : « Kyrie Eleison ». Deux mots de la liturgie catholique qui signifient « Seigneur, prends pitié ». Étienne Daho ouvre donc ce nouvel album en évoquant des femmes qui tuent au nom de Dieu, dans une époque où l’on parle de djihadisme.

Dans Daho, l’excellente biographie que le journaliste Christophe Conte consacre au chanteur, l'auteursouligne la singularité d’une écriture qui avance masquée. Parce que, dans le paysage de la chanson française, Daho pourrait détonner pour deux raisons : il n’a jamais chanté « ces petits riens du quotidien qui font de la vie un grand Soleil », de même qu'il n’a jamais versé dans la chanson dénonciatrice ou engagée.

Ce disque est pourtant un appel à la résistance, notamment avec un morceau intitulé "Hôtel des infidèles" et dédié aux insurgés des années 1940. Et Christophe Conte de pointer l’inspiration musicale de ce morceau, puisée dans le balancement de la partition de Kurt Weill pour L’Opéra de quat'sous.

Cela fait près de 40 ans qu’Étienne Daho bâtit une œuvre de pop française qui réconcilie notamment les groupies du Velvet Underground avec les amoureux des yéyés. Une mélomanie qui se fout des diktats du bon goût et dont s’inspire largement la chanson française d’aujourd’hui. Cet éclectisme décomplexé s’illustre avec l’exposition Daho l’aime pop qui ouvre cet automne 2017 à la Philharmonie de Paris. Un parcours musical signé Daho où l’on croise Charles Trenet autant qu’Amanda Lear.

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