Columbine, groupe de rap originaire de Rennes et véritable phénomène du moment est à l'affiche de Pop & co. Columbine, qui sera sur scène ce soir et demain à l’Olympia. Et c’est complet comme partout où ils se produisent…

Et au-delà de l’extraordinaire engouement, ce collectif à géométrie variable mené par deux incroyables personnalités de 22 et 23 ans, illustre la nouvelle vague du hip hop. Troisième album déjà pour ceux qui restent encore des enfants terribles mais qui démontrent une maturité assez impressionnante dans leurs textes. Si l’adolescence reste l’un des thèmes centraux qui parcourent ces 20 titres, on est frappé par l’expression d’un certain mal de vivre, ou d’un spleen réalisme qui se conjugue paradoxalement à l’idéal d’une jeunesse, qui vibre et vit pleinement malgré tout, sans rien attendre du futur. 

Le groupe Columbine est au rap ce que Nirvana fut au rock. Mais le feu follet ne tourne pas au nihilisme. C’est une remise à niveau des compteurs. La force d’une langue à la noirceur revendiquée qui interroge un avenir sans utopie. Succession de clins d’œil à la pop culture : le groupe Indochine, le film « Virgin suicide », et Bart Simpson dont l’espièglerie, l’attitude rebelle et le manque de respect envers l'autorité parle de lui-même.

Pour parler de leur évolution, le groupe Columbine déclarait au quotidien Ouest-France :

Les insultes gratuites, la misogynie c’était rigolo à 18 ans. C’est une question de prise de conscience aussi. C’est en parlant de notre vie, de choses personnelles qu’on touche les gens. 

Au-delà de la production qui s’est affinée, Columbine c’est aujourd’hui un style. Contemplatif et instrospectif. Où l’on découvre une poésie sans posture, Quesneau et Perec sont dans leurs gènes : « Sur l'île des jouets brisés des gens bizarres parlent de misère. » Rester dans le temps c'est plus dur que de le perdre. On veut devenir le bourgeois qu'on détestait avant. Au bonheur de la maladresse, J'ai cru en moi dans la paresse. Puzzle de mots et de phrases bien plus ancrée que des punchlines que l’on retrouve aussi dans « âge d’or » sur un piano voix qui bouleverse

L’album de Columbine s’intitule Adieu bientôt. Il nous conseille d’être plus attentif car « Derrière un gamin qui dort en classe et que vous prenez pour un paria, il y a toujours une histoire. Cette histoire vous devriez essayer de la comprendre. » Columbine, c’est ça. Comprendre la jeunesse, dont Balavoine disait qu’elle est une douleur ancienne en manque de compréhension. 

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Concert de Columbine © AFP / Loïc Venance
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