En 1966, The Supremes enregistre une chanson écrite et composée par le trio d'auteurs-compositeurs Holland-Dozier-Holland. Avec "You Keep Me Hangin' On", le trio vedette de la Motown tient un nouveau tube. Pour le deuxième jour de cette semaine de fêtes, Rebecca Manzoni a choisi de le raconter.

En 1966, le groupe The Supremes est composé de Diana Ross, Florence Ballard et Mary Wilson : trois filles en robe de soirée, avec perruques "choucroute" ultra-laquées, œil de biche et faux-cils.

Elles s’inscrivent alors dans une tradition qui s’épanouit dans les années 1960 : les Chick Singers, les "poulettes-chanteuses". Une tradition selon laquelle des jeunes filles en fleur interprètent un répertoire de la soumission : des chansons comme des suppliques où une femme prie un homme de l’aimer. 

À ce titre, "You Keep Me Hangin' On" est un morceau qui détonne, puisqu’il y est question de se libérer des chaînes de l’amour. Les jeunes femmes y chantent :

Lâche-moi la grappe ! Tu te fous de moi. Sors de ma vie !

Mais, là où The Supremes changent la donne, c’est qu’elles imposent une nouvelle image des chanteuses noires américaines. Jusqu’ici, l’industrie du disque avait notamment construit une mythologie de la chanteuse noire dépressive et droguée. Une femme comme Billie Holiday en a fait les frais. Les groupes de filles, d'un autre côté, étaient plutôt des entreprises gentillettes. (Leurs noms avaient d’ailleurs des suffixes en « ette » : les Ronettes, les Marvelettes.)

À l'inverse, The Supremes, trois jeunes femmes noires, vont incarner le glamour. Un glamour qui se traduit vocalement. Si les chœurs des Supremes rappellent le gospel, la voix lead de Diana Ross ne fait pas dans la puissance. Avec ses copines, elle n’est que sucre.

la suite à écouter...

Cet épisode de Tubes & Co a été diffusé pour la première fois dans la matinale du vendredi 6 novembre 2015.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.