Ce vendredi, avant une semaine de congés au cours de laquelle elle est remplacée par André Manoukian, Rebecca Manzoni consacre son 'Tubes & Co' à la chanson "Osez Joséphine" d'Alain Bashung. Un tube qui donne son nom à un album de 1991 et qui s’annonce par un signal : celui d’une guitare qui se cabre.

Alain Bashung en 2004 aux Vieilles Charrues à Carhaix
Alain Bashung en 2004 aux Vieilles Charrues à Carhaix © AFP / FRED TANNEAU

En 1991, Alain Bashung sort d’un album pour lequel il a utilisé beaucoup de machines. Dans un recueil d’entretiens intitulé Ultime - Alain Bashung : interviews et conversations qui vient de paraître aux éditions Nova, il explique : 

Je suis resté trop longtemps assis devant des écrans. Là, je voulais jouer avec des mecs. Qu’ils fussent un, deux ou quatre... des hommes.

Ces hommes sont de Memphis, Tennessee. Un détail qui a son importance car la géographie joue son rôle dans l’histoire d’Osez Joséphine. Parce que Memphis, c’est le berceau du rock, de la country, de la soul.  Pour Bashung, commencer à enregistrer "Osez Joséphine" dans cette ville, c’est renouer avec la musique qui l’a fondé. On peut mesurer à quel point cette ville lui a inspiré un son et un phrasé en écoutant la maquette de "Osez Joséphine", enregistrée dans un premier temps à côté de Paris.

"Osez Joséphine" connaîtra une deuxième naissance à Memphis avant de continuer à grandir à Bruxelles

Là, l’ingénieur du son Phil Delire, a l’idée d’habiller le refrain avec des violons. "Osez Joséphine", c’est ainsi l’audace de la rencontre entre deux univers que l’on n’imaginait pas forcément compatibles : le son éraillé de Memphis et le romantisme de la musique classique.

On peut fredonner le refrain de cette chanson. En revanche, chanter les couplets, a cappella, sous la douche, c’est beaucoup plus compliqué ! Parce que, dans les couplets, la voix de Bashung ne porte pas la mélodie et parce qu’il ne déroule pas tous les mots d’un coup. Il les distille pour trouver la bonne densité, l’alliage parfait entre paroles et musique.

Ces mots que Bashung malaxe avec Jean Fauque, son parolier, c’est aussi un vocabulaire que l’on n’utilise plus. Qui d’autre que lui pour dire « Je suis le roi des scélérats » en 1991, année où « fax » et « bifidus » font leur entrée dans le dictionnaire Robert ? Et, curieusement, c’est « scélérat » qui est moderne, parce que cela est chanté sans en faire tout un plat.

la suite à écouter...

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