À l'occasion de la parution de l'ouvrage 'Sample ! Aux origines du son hip-hop' de Brice Miclet (éditions Le Mot et Le Reste), Rebecca Manzoni se penche sur les samples : des échantillons de musique pré-existants, piochés à droite et à gauche et réutilisés dans des nouveaux morceaux.

Non mais, de toute façon, le rap, le hip-hop, ça n’est pas vraiment de la musique, hein. Déjà, ils ne font rien qu’à piquer celle des autres...

Cette phrase, on l’a entendue hier, et aujourd’hui encore, même si le hip-hop n’a plus à prouver sa puissance créative depuis sa naissance, à New York, dans le Bronx, il y a plus de 40 ans. Cette critique est sans doute liée au fondement même du hip-hop, que Brice Miclet détaille dans son livre : le sample. Et le sample, c’est quoi ? Une technique qui consiste à prélever un échantillon d’un morceau déjà existant, avant de le mettre en boucle ad libitum.

Par exemple, en 1999, le rappeur californien Dr. Dre utilise comme épine dorsale du titre "What’s The Difference" une phrase musicale piochée dans l'introduction de "Parce que tu crois", une chanson que Charles Aznavour a publiée en 1966.

"What’s the difference" est donc l’histoire d’un Américain de la Côte Ouest des États-Unis qui puise dans le patrimoine de la chanson française.

Ce que le sample raconte d’abord du hip-hop, c’est qu’il s’agit d’une musique grande ouverte à toutes les autres : jazz, soul, funk, classique, bandes-originales de films... Dans son livre Sample ! Aux origines du son hip-hop, Brice Miclet souligne à quel point ce principe de l’emprunt est une révolution dans la composition musicale. Jusque-là, l’unité de base pour créer un morceau, c’était la note. Avec le hip-hop, ce n’est plus la note, mais le fragment. Et dans ce domaine, l’artiste le plus pillé au monde, aujourd’hui encore, c’est : James Brown.Parce qu'il est l’initiateur du breakbeat. La cassure rythmique, sur laquelle les rappeurs du monde entier se sont essayés à poser leur phrasé.

Un exemple de breakbeat de James Brown avec le titre "Funky Drummer". Clyde Stubblefield tient la batterie.

Le groupe Public Enemy s’en est saisi et l’a associé à un autre extrait musical puisé cette fois dans un instrumental des musiciens de James Brown intitulé "The Grunt" et ouvert par Maceo Parker au saxophone.

La batterie de Clyde Stubblefield + le sax de Macéo = le morceau "Rebel Whitout A Pause" de Public Enemy, paru en 1987.

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Lancé à la fin des années 1970, le Fairlight CMI est l'un des premiers échantillonneurs numériques © Getty / Science & Society Picture Library
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