À cinquante ans passés, la chanteuse et musicienne suédoise Neneh Cherry publie un nouvel album intitulé “Broken Politics”. Pour celui-ci, et pour la deuxième fois, Neneh Cherry s’est associée à un producteur anglais qui se fait appeler Four Tet.

Il y a l’eau tiède des propos de stars qui proclament que vieillir, c’est formidable, tout en venant de procéder à leur dernier lifting. Et puis, il y a Neneh Cherry, 54 ans, qui déclare aux Inrockuptibles

J’ai eu ma ménopause. Je me suis sentie peu désirable, un peu finie. Et puis je me suis dit : Fais chier. Je n’ai pas fait tout ça pour en être là, et me sentir merdique.

Quand elle dit, « J’ai pas fait tout ça », à quoi pense-t-elle ? Qu'il y a-t-il derrière ce « tout ça » ? Réponse : avoir été punk, puis l’une des premières à pratiquer un rap féministe, s’assumer ensuite en chanteuse soul et bien d'autres faits d'armes qui jalonnent la carrière de Neneh Cherry. « Tout ça », elle l’a fait, oui. Et, aujourd’hui, Neneh Cherry publie l’un des plus beaux disques de cette fin d’année. Il s’intitule _Broken Politics_, qu’on peut traduire littéralement par « Politique brisée », la politique qui ne tient pas ses promesses et nourrit les désillusions. Mais, pour présenter son disque, Neneh Cherry déclare : 

Je suis très gênée quand il s’agit de s’attaquer à de grands thèmes avec l’air d’avoir une solution. Mais qui a les putains de solutions ?!

Pas elle. Enfin... si : la seule qu’elle ait, à son échelle, c’est de se tenir debout. Et c’est tout l’esprit de ce disque, le disque d’une femme de 54 ans qui se tient droite face au jeunisme, à la violence, aux souvenirs éteints et aux ami·e·s perdu·e·s. C’est son histoire à elle, comme celle de beaucoup d’autres. Sur la chanson qui s'intitule "Fallen Leaves", elle prononce ce refrain qui dit :

Ce n’est pas parce que je suis au fond du trou que tu dois me piétiner.

Pour la deuxième fois, Neneh Cherry s’est associée à un producteur anglais qui se fait appeler Four Tet. Four Tet a trouvé le point de jonction entre harpe, vibraphone, claviers aériens et électro. L’album est aussi plein de basses qui ont les pieds dans la colle. Des basses empruntées au dub jamaïcain des années 1970. Pour l’un des titres de ce nouvel album, Neneh Cherry et Four Tet empruntent précisément au Jamaïcain King Tubby, père fondateur du dub et ordonnateur d'un morceau qui s'intitule "This A Hardest Version".

Ce sont ce rythme et ces basses, qui sont samplés (échantillonnés) pour le morceau "Kong" qui figure dans l’album de Neneh Cherry.

la suite à écouter...

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Neneh Cherry sera en concert le 28 février 2019 au Trianon, à Paris et à l’Ancienne Belgique, à Bruxelles, le 2 mars 2019 © Wolfgang Tillmans
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