Ils sont deux ; le premier s'appelle Cyril, le second s'appelle Cyril. Ils se feront donc appeler Cyril Cyril et leur premier album, "Certaine Ruines", est à l'affiche du Pop & Co de Didier Varrod ce mardi.

Premier album d’un duo genevois, au nom aussi intriguant que leur musique Cyril Cyril.

Onduler sur une transe hippie, choisir le parti de la pulsation, et raconter le monde et ses inquiétudes, voici la ligne du parti musical excentrique de Cyril Cyril. Ce prénom au carré, qui compte réellement double, permet de croire que la différence extrême de deux musiciens peut provoquer une fusion thermique qui redessine les contours de la musique du monde. Musique du monde, au sens premier du terme, sans cette connotation marketing de « world musique », étiquette de saison, qui valorise encore parfois une musique Benetton pour faire vendre des shampoings bio ou du commerce équitable. Chez Cyril Cyril on ne parle pas pour ne rien dire. On chante la vie en vert. Et on danse utile

Avec à la guitare et au banjo Cyril Yétérian, et aux percussions Cyril Bondi, le fantasque et indomptable Pierre Vassiliu a peut-être enfin trouvé de brillants héritiers. Même poésie, à la fois distanciée et perchée, que dans une chanson comme « Il était tard ce samedi soir ». Avec Cyril Cyril, ces deux garçons aux cheveux longs et idées tout aussi longues, on plonge dans un monde où les convictions écologiques, cohabitent avec les symboles de résistance de notre civilisation.

« Samarcande », titre de Cyril Cyril fait allusion à la deuxième ville d’Ouzbékistan... Cité incontournable sur la route de la soie, dont le nom signifie « ville de pierres », « ville riche » ou encore « lieu de rencontres ». Samarcande, c’est aussi un le symbole choisi d’une ville qui a subi tant de destructions et qui a toujours su se relever. Le tandem Cyril Cyril dans sa langue abstraite, en fait une chanson où la vie sursaute toujours, même dans un champ de ruines.

Mais Cyril Cyril c’est d’abord et aussi le démon de la danse. Énergie gnawa et chœurs célestes, la fanfare fantôme de Cyril Cyril n’hésite pas à fusionner le banjo, le son du oud qui pourrait devenir celui du bouzouki, le mélodéon qui n’est autre qu’un accordéon diatonique, avec une batterie bricolée par leurs soins. Bref un grand orchestre du monde au service d’un manifeste parfois surréaliste, qui ressemble à un exercice de style oulipien.

Avec Cyril Cyril, la jubilation du non formatage suscite parfois de jolies définitions comme celle d’« helvète underground ». C’est surtout le groupe lui-même qui définit le mieux sa musique « une belle grosse disco psyché ethno haschisch ». Ça plane pour eux et pour nous.  

Légende du visuel principal:
Cyril Yeterian et Cyril Bondi forment le duo Cyril Cyril © Mehdi Benkler
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.